Préparer son Niminus pour l’école, et l’y emmener (Ca a l’air chouette, mais ça ne l’est pas)

Au début de l’année, j’étais bourrée d’enthousiasme quant à l’idée de déposer chaque matin mon petit Niminus à l’école, de la voir mettre ses petits chaussons et afficher son étiquette de présence. Je trouvais cela tellement primordial de la déposer chaque matin moi-même que j’ai demandé à ne commencer qu’à 9 heures au collège, histoire de pouvoir assister pleinement à ses premiers pas en tant qu’élève. Je me réjouissais d’ailleurs à la perspective du congé maternité pour pouvoir dédier entièrement mon début de matinée à ce petit rituel quotidien.

J’ai vite déchanté. Maintenant je vendrais un rein pour qu’on me dise « mais non reste encore un peu au lit, garde donc ton pyjama et ne sors pas dans ce froid, j’emmène ton Niminus à l’école. »

Parce qu’il se trouve figure toi que même en congé sans le stress d’arriver en retard au boulot, toute la partie « accompagner l’entrée du Niminus dans le monde de l’école en lui dévouant une heure chaque matin » n’est pas fun. Pas du tout.

Déjà, il faut qu’on se le dise : je ne suis pas du matin. Moi, j’aime me lever tard, traîner en pyjama, manger mon petit dej en surfant sur l’ordi et aller me recoucher avec un bouquin. Ca, c’est ma matinée idéale. Pas hurler dès le saut du lit après une gamine qui met 10 minutes pour enfiler sa culotte en lui tartinant frénétiquement sa vache qui rit (on reviendra sur ce point).

Que je te décrive un peu le déroulement des opérations. Pour être à l’école à 8h30, il faut que je réveille le Niminus à 7h30. Quand je vais au boulot, je dois donc me réveiller au moins 30 minutes avant cet horaire pour préparer ma petite personne. Là je t’avoue que je sèche la case maquillage / coiffage / choix des accessoires and co. Je me lève le plus tard possible en ronchonnant tout de même que c’est un comble de devoir s’extirper du lit à des heures pareilles alors qu’à partir de 8h30, je n’ai plus rien d’autre à faire. Dieu que je regrette mon premier congé mat.

7h30, réveil du Niminus. Bien souvent, l’Homme est déjà parti, c’est donc Me against the Niminus. Un petit câlin dans la pénombre pour bien commencer la journée, on se dit qu’aujourd’hui sera un jour différent, un jour sans cri, sans stress. D’ailleurs, les vêtements du jour sont déjà préparés pour éviter une nouvelle source de conflit.

On descend prendre le petit dej (avant de s’habiller, si cochonnage il y a), depuis quelques temps le Niminus réclame des tartines de Vache qui Rit à la place de ses céréales, et une fois que j’ai compris que le temps moyen d’ingestion était deux fois inférieur à celui des céréales, je l’ai encouragée à poursuivre dans cette voie. Au mois je ne répète plus toutes les deux minutes « tais toi et mange! » ou « arrête de jouer avec ta cuiller » et je ne menace plus « je vais m’habiller, tu as intérêt à avoir tout fini quand je reviens ». Déjà une petite victoire.

Ensuite on va se laver les dents. Je ne sais pas comment ça se passe chez toi, mais ici quand je dis « allez file à la salle de bains » elle comprend « descend de ta chaise en faisant l’imbécile, va faire trois fois le tour de la table en camion pousseur, joue un petit coup avec n’importe quel objet qui traîne au travers du salon et ensuite, si tu le souhaites, tu daigneras venir te faire lustrer les chicots ». C’est en général à ce moment là que l’impatience commence à monter.

S’en suit une petite engueulade car le Niminus n’a toujours pas compris qu’elle ne pouvais pas cracher son eau de rinçage de bouche tout en se regardant dans la glace, et vient l’heure de l’habillage. Théoriquement, le Niminus sait s’habiller seule. Encore faudrait-il avoir une heure devant soi, ce qui n’est pas le cas. Alors je l’assiste, ce qui fait encore monter mon exaspération car une fois qu’on les aide, ils se laissent totalement aller et font les cons. Tu dis « enlève ton bas de pyjama », le Niminus entend « enlève ton bas de pyjama tout en sautant sur le canapé ». Tu veux lui enfiler sa chaussette, le Niminus décolle le pied du sol de 2 millimètres. Et c’est comme cela pour toutes les couches successives.

Si tu as le bonheur d’avoir une fille, il faut ensuite passer par l’étape « coiffage ». Alors là je te le dis clairement, pour éviter les pleurnichages, je la colle devant la télé, histoire qu’elle porte son attention sur autre chose. Il faut savoir que le Niminus au naturel ressemble étrangement à un berger des Pyrénées avec sa frange en pleine repousse, donc je n’ai pas d’autre choix que d’user de barrettes et autres chouchous pour bien lui dégager les yeux si je veux qu’elle puisse y voir quelque chose à l’école.

Si tu as bien suivi, à cette étape là, moi je ne suis pas encore prête. Il est 8 heures et j’ai une quinzaine de minutes pour me préparer et éventuellement ranger la table du petit dej (ce que je ne réussis à faire avant le départ à l’école uniquement dans les grands jours).

8h15, étape délicate : décoller le Niminus de devant l’écran. Là aussi ma ruse : trouver une chaîne qui a un programme qui se termine à cette heure là. L’erreur à ne pas commettre : la laisser regarder la pub. Elle devient hystérique en allongeant encore sa liste au Père Noël et va te bringuer avec cela tout le trajet.

Il nous reste à nous chausser, nous habiller, ne pas oublier le cartable avec le doudou pour chez la nounou (et si on a oublié de descendre un doudou c’est le drame, il faut la renvoyer en chercher un dans sa chambre et c’est à ce moment là qu’elle décide de redescendre avec un ours polaire aussi gros qu’elle) et une fois que l’on a tout cela, on peut enfin décoller.

Et là naïvement tu te dis que le marathon est terminé, que tu vas jeter ton Niminus devant l’école sans même couper le moteur, hop, un bisou et à ce soir. Que nenni. Déjà, il faut parvenir à trouver une place sur le parking de l’école. C’est pour cela qu’il est impératif d’arriver entre 8h20 et 8h25, sinon t’es de la revue. C’est toujours le petit stress de savoir s’il y a encore des places ou s’il va falloir manœuvrer dans la ruelle pour se retourner au milieu des mamans et nounous qui arrivent en poussette.

Une fois garée, il faut encore emmener ton gamin dans sa classe. Pas dans la cour, non, en petite section on les amène dans la classe. Tout prêts à travailler. C’est à dire qu’il faut encore t’enquiller l’enlevage des godasses, du manteau, et la mise des chaussons. Tu essaies de laisser faire ton Niminus seul, mais trop occupé à regarder les autres mettre leurs chaussons, il n’avance pas. Tu lui demandes de se dépêcher, pour la quinzième fois de la journée déjà. Si tu es vraiment à bout, tu te résignes à lui mettre ses chaussons, qu’on en finisse, et tu t’assommes au passage dans son porte manteau en te relevant.

Ne reste plus qu’à déposer le Niminus dans sa classe, et selon le modèle :

  • le regarder se barrer en t’ignorant totalement
  • essayer de le décoller de ta cuisse et le confier trempé de larmes à l’ATSEM à qui il hurle « MAMAAAAAAAAN!! » dans les oreilles
  • lui faire un petit bisou, le regarder s’éloigner, revenir faire un câlin, s’éloigner à nouveau en te demandant de lui envoyer un bisou quand elle serait installée (la mienne)
  • le voir se diriger vers un autre gamin pour lui coller un cale (la mienne aussi, pas plus tard qu’hier)

Ouf, ça y est, le Niminus est à l’école, félicitations, tu peux maintenant partir pour ta journée de boulot.

PS : Au programme cette semaine (si je n’accouche pas inopinément) : préparer son Niminus pour l’école et l’y emmener par temps de neige et enceinte de huit moi. Deux, trois fois plus de fun. NOT.

PPS : C’est décidé, l’an prochain je retourne au boulot à 8 heures et je délègue lâchement toutes ces réjouissances à la nounou.

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Avant de partir …

14 comments

  1. Papillon says:

    Je pense avoir la même à la maison ! à la différence près qu’elle ne va pas encore à l’école ! Donc je l’emmène chez la nounou mais 1h plus tard …
    et bien devine quoi ???!!!
    On est quand même tjs à la bourre, tjs obligé de répéter 100 fois les choses et de chercher un doudou en catastrophe avant de partir !!!
    Conclusion : ya rien à faire, quand on est pas du matin… rien ne va bien !

  2. Biloute says:

    Tu as bien raison de reprendre à huit heures l’an prochain, parce que là, j’ai bien rigolé, mais quand il y en a deux à préparer le matin, c’est l’orgie. Résultat, toi tu te coiffes au boulot, limite si tu te laves pas les dents en classe!!! Surtout quand ton dernier (bien sur ce ne sera que dans deux ans pour toi) décide d’aller sur le pot à 8h moins une (et que t’es censée être à 8h chez nounou pour toi être dans ton établissement à 8h10)

    Donc profite de n’en avoir qu’une à préparer!!! bizbiz

  3. Bérangère says:

    Euhhh bon, je crois que quand niminus 1 et 2 (qui va arriver peu de temps après toi si je comprend bien, ton terme c’est quand ?) seront en âge d’aller à l’école et ben … ils iront pas, je leur ferai la classe moi même et en pyjama !
    looooooool
    Bisou et courage

  4. vivi5371 says:

    J’adore tes articles, je me marre toute seule depuis tout à l’heure, c’est tellement vrai !!! Je suis d’ailleurs ravie d’être seule en ce moment, quel calme !!!! Et pendant 15 jours comme je bosse c’est la nounou qui aura le droit aux réjouissances !!! C’est vrai que l’enthousiasme du début déchante vite !!!

  5. Séverine says:

    Je suis morte de rire devant mon écran!!
    Nous nous sommes résignés à le laisser s’habiller seul le matin, il regarde « Le livre de La jungle » pendant que je l’habille, debout sur le canapé 😉 il saute aussi, ou bien s’écrase sur mon épaule : »je te fais un câlin, Maman! » (je ne sais pas vous mais le mien choisi toujours le « mauvais » moment pour un câlin!)
    Et j’ai une grande chance, c’est son Papa qui l’emmène, se tape le froid, le déshabillage, le porte manteau dans la tête!! mdr et les séparations 🙂

    Bon courage pour les jours à venir… tu feras comment quand bébé sera là pour emmener ta puce? Tu y as déjà réfléchis j’imagine 😉

  6. Aurore says:

    Bon, je ne sais pas si cela va te rassurer, mais avec deux, c’est deux fois plus d’organisation…Moi le temps je le perds des le lever du grand qui hurle que « non, l’école c’est nul et qu’il veut encore dormir!!!! » (mon dieu, ca va etre fun à l’adolescence si c’est déjà comme ça à 3 ans et 9 mois!)

  7. Carène says:

    Je reconnais qu’avec deux garçons, j’échappe à la corvée de coiffage ! Mais, je compense avec mes propres cheveux à discipliner…
    Je vis la même chose chaque matin, ou presque… Finalement, le number one a 6 ans et le minimec 2 ans (pas encore scolarisé), mais je COMPRENDS (au sens premier du terme) ton exaspération et ta détresse.
    Ce billet est incroyable. Il pourrait être le texte d’un one-woman-show ! Bravo pour tes articles ! Je dis « merci la dinde » ! Mais je t’interdis de me piquer mes bijoux chez Lili les p’tits pois !!!
    😉

  8. Pumpkin says:

    Chère Cindy, je te lis avec un plaisir fou! Mais OMG je suis fatiguée rien qu’en ayant lu tout ça! Bon courage pour la suite et fin de ta grossesse en tout cas et chapeau bas!

  9. Farashatun says:

    Je suis mdr en te lisant, car c’est exactement ce que je vis tous les matins avec mon fils, j’aurais pu écrire l’article mot par mot, sauf pour la séance coiffage.
    Et je ne veux pas te déprimer mais le mien a 6 ans et c’est toujours le même cirque le matin, même pour l’habillage (je sais pas, ce gamin ne doit pas avoir le gène « je m’habille tout seul et je mets mes habits dans le bon sens »). Heureusement là enceinte de number 2, j’ai un peu de répit, c’est mon mari qui se colle à la corvée de le préparer et de l’emmener, et ça me rassure, ça crie autant que quand c’est moi lol.

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