Portrait sur le vif

Le lardon est entré depuis peu en pleine révolution artistique. Alors qu’il ne me dessinait jusque là que des grabouillis en m’affirmant après coup que c’était une fusée (ça en avait vaguement la forme), depuis quelques mois il gère le bonhomme patate. Et depuis ce moment là, j’essaie -vainement- de lui faire dessin le portrait de sa chère mère adorée. Il y a toujours quelque chose de touchant à se voir à travers les dessins de ses enfants. Le Niminus me dessinait toujours avec des cheveux incroyables, d’une longueur infinie et d’un volume de déesse. Elle m’habillait de robes à volants, de fleurs et de paillettes, et m’honorait même d’une couronne de reine sur la tête.

Désormais malheureusement elle adhère au courant réaliste : elle me dessine en crocs.

Je comptais donc résolument sur la relève pour voir à nouveau mon image sublimée par un petit être en adoration. Jusque ici donc, aucun succès. Malgré mes requêtes et mes supplications, le lardon n’a jamais voulu me tirer le portrait. Alors vous imaginez ma joie lorsque je suis rentrée du boulot et qu’il avait spontanément griffonné au stylo bille un portrait familial!

« tiens maman regarde j’ai dessiné la famille! »

« oh mais c’est génial ça! » dis-je, extatique. Nous avons observé l’oeuvre sur le champ.

dessin

La mère sur le vif, Lardon, 2017 (4 ans)

Voilà. Je suis le personnage central, au visage rose bonbon et à la chevelure mystérieusement violette. J’esquisse un petit sourire de contentement qui n’est pas sans rappeler celui de la Monna Lisa. Pour son premier portrait, le lardon avait décidé de nous représenter dans une scène du quotidien. En effet, voici son analyse :

« Tu vois, là c’est moi. Je suis sur les WC, et toi tu m’essuies les fesses. Et là, c’est le Niminus qui ouvre la porte pour nous regarder »

Bon voilà. Le lardon fait dans l’hyperréalisme lui aussi. Pas d’idolâtrie, de mère-sirène à la chevelure flamboyante pour le lardon, pas de fleurs ni d’arc-en-ciels, juste une mère torcheuse de petits culs et des enfants sans pudeur. Le quotidien sans apparat. Au moins j’ai le sourire. La satisfaction du travail bien fait se lit sur mon visage. Qui sait, peut-être a-t-on enfin percé le secret de l’énigmatique sourire de la Joconde*?

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Niminus, 5 ans. J’ai même les boucles d’oreilles.

*Minute culture : l’aviez vous déjà remarqué? La Jonconde n’a pas (ou plus) de sourcils.

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Avant de partir …

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