Les questions ouvertes : une erreur de débutant.

La question ouverte, c’est l’ennemi du parent, et j’ai fait les frais de mon manque d’agilité dans la manipulation de la langue française cet après-midi même. Si pour vous les bancs d’école sont désormais un peu loin (et si vous aviez des bancs à l’école en effet, cela est même très loin…), l’ami Wikipedia nous dit ceci :

Une question ouverte est une interrogation qui n’induit pas de réponses pré-établies et qui laisse donc à son interlocuteur la possibilité de s’exprimer avec ses propres mots.

Autrement dit, on laisse à l’enfant un choix infini de réponses. Et c’est précisément cela qui peut conduire un parent non avisé à sa perte. J’en prend pour exemple le Niminus qui, à la question « qu’est ce que tu veux faire cet après-midi? » m’a répondu avec un naturel déconcertant « j’aimerais bien faire des petits sablés avec des smarties! » (aka : les pains d’épices de Noël. A la bonne heure…)

Et là, figure toi que je me suis retrouvée bien emmerdée. Après sa matinée à l’école, sa sieste imposée en début d’après midi et ma sieste impromptue de 3 à 4 (je me suis endormie en lisant dans le hamac. Hey, autant en profiter tant qu’on peut, je te rappelle que j’habite en Franche Comté, dans un mois c’est la neige!), je lui avais proposé de faire une petite activité ensemble, juste toute les deux, sans ce boulet de petit lardon pour tout démolir. Mais je pensais plus à de la peinture ou un puzzle, pas à de la pâtisserie. Et encore moins à de la pâtisserie qui prend des plombes.

Et cette fois que je me l’étais jouée mère top motivée pour faire des trucs tops, je me voyais mal faire machine arrière : Un refus de ma part pour ces maudits sablés aurait été fort mal venu, et j’aurais certainement pu lire dans son regard un « t’as que de la gueule en fait! » qui ne m’aurait pas enchanté des masses. J’ai donc pris mon courage à deux mains, envoyé les hommes en courses pour ne pas avoir le lardon dans les pattes, et on s’est lancées dans la réalisation de la pâte.

Déjà, ce fut la déconvenue pour le Niminus, fâchée de ne pas pétrir la pâte à la main (en même temps, je n’ai pas investi dans un super robot qui coûte un demi salaire pour continuer à m’incruster de la pâte sous les ongles). Ensuite, la pâte étant trop molle, il a fallu la mettre au frigo. Manque flagrant d’anticipation.

En attendant le moment bénie où on pourrait enfin faire des étoiles avec les emporte-pièces, le Niminus a décidé de faire des autocollants princesses, et je me suis collée à un paquet de copies. Une demi-heure plus tard, tout était enfin prêt : la pâte coopérait plus ou moins et était étalée, le four chauffait, et les emporte-pièces favoris étaient sortis. Par contre, le lardon était de retour. Qu’à cela ne tienne, l’activité trop top du jour pouvait enfin commencer!

– Ca y est ma chérie c’est prêt!

– Oh ben non, moi je préfère faire des gommettes!

Et c’est ainsi qu’à 18 heures, je me suis retrouvée comme une imbécile à emporte-piècer des petits canards dans une pâte gluante, le lardon dans les pattes et une pile de vaisselle dans l’évier. Inutile de préciser que je n’ai bien entendu pas poussé le vice jusqu’à les décorer moi-même de smarties.

10665581_504960472939657_738785748_nEt en plus de ça, je les ai laissés cramer. Une réussite à tous les niveaux.

Je le jure, on ne m’y reprendra plus. La prochaine fois que je voudrai jouer à la mère top dispo pour ses gosses, je dirai « qu’est ce que tu veux faire? De la peinture, ou des gommettes? »

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Avant de partir …

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