Les petits deuils des mamans

Il y a de ces moments dans la vie qui nous filent entre les doigts sans même que l’on ait le temps de s’en rendre compte. Ces petites choses qui nous semblent si ordinaires et dont on ne songe même pas à profiter, alors qu’elles sont pourtant si précieuses. La grande erreur des parents, c’est d’avoir le regard tellement fixé sur l’étape suivante, sur le jour d’après, qu’ils ne réalisent même pas qu’ils sont sur le point de perdre quelque chose qu’ils ne retrouveront jamais.

– Cela commence par les petits coups de pieds dans le ventre maternel, pouvoir emmener son bébé partout avec soi, être la seule à percevoir ses mouvements et avoir l’impression de partager avec lui un formidable secret.

– Puis arrive ce petit bébé qui s’endort sur toi, bien lové au creux de ton cou avec ses petites joues si douces, et que tu peux garder ainsi tout l’après-midi durant.

– Ce petit bébé capable de dormir dans le coussin d’allaitement posé sur les genoux de sa soeur, fière d’avoir son petit frère tout contre elle.

– Cette goutte de lait qui coule dans le cou d’un bébé qui n’arrive pas à suivre la cadence, qui va mettre tout son énergie dans cette tétée, puis ce sentiment de plénitude que tu peux lire sur le visage d’un nourrisson repus qui s’endort sur le sein et qui est mou comme une poupée de chiffon.

– Ces petites mains qui serrent ton doigt très très fort, qui laissent place aux grands sourires édentés qui illuminent tout son visage et qui te donnent le sentiment d’être la personne la plus importante du monde, de son monde.

– Ces premières bouclettes que tu hésites tant à faire couper, car tu te rappelles combien tu aimes lui faire des bisous dans le cou le matin et sentir ses petits cheveux mouillés de chaud contre ta joue.

– Ces petites tenues dans lesquelles tu le trouvais si mignon, désormais trop petites, qu’il ne remettra jamais. Ce petit bloomer bleu qui lui faisait des cuisses à croquer. Que va-t-on en faire, maintenant?

– Tout ce matériel qui devient inutile, que l’on monte au grenier, ce transat depuis lequel il t’a fait ses premiers sourires, et dans lequel il avait l’air si petit. Ce coussin d’allaitement sur lequel vous avez partagé tant de choses et qui prend désormais la poussière au dessus d’une armoire.

Demain, je participe à une bourse au matériel de puériculture. J’y déposerai coussin d’allaitement et transat. Le petit bloomer bleu restera dans un tiroir, parce que c’est trop dur. Ce soir j’ai une boule dans la gorge en prenant conscience de tous ces moments perdus, à jamais derrière moi, et je me demande : ai-je vraiment pris le temps d’en profiter?

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Avant de partir …

12 comments

  1. Anesidora says:

    Je lis, et relis ton article avec un oeil humide en me disant que c’est à la fois beau et tellement triste tant c’est véridique.
    Ça me touche en plein coeur parce que j’ai justement d’ors et déjà l’impression de n’avoir pas vu passé les 7 derniers mois et qu’il ne me reste qu’un mois et demi pour en profiter avant d’accoucher et de passer à une phase totalement différente bien que tout aussi merveilleuse.

    Merci pour cet article il est tant aussi vrai qu’il est touchant et hyper sensibilisant, ça me donne encore plus envie de profiter, au maximum de chaque seconde parce que c’est vrai, c’est beau et l’on s’en rend compte bien que trop tard.

    Bon courage avec tes bouts de chou. Les photos sont magnifiques !

    • Maman Dinde says:

      Je vais faire l’article inverse : ce que je ne vais PAS regretter. Histoire de me remonter le moral dans ces moments là lol!

    • Maman Dinde says:

      Oui bien entendu, mais ces moments là étaient eux aussi spéciaux et unique, et ça me fait juste un pincement de devoir tourner la page…

    • Maman Dinde says:

      Et puis, ce n’est pas pareil pour un 2e… j’ai déjà une « grande » fille, du coup j’ai encore plus envie de garder mon bébé. Ca ne me faisait pas cet effet là, la première fois!

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