Le cauchemar éveillé, ce jour où j’ai failli la casser

Je crois que c’est quelque chose que l’on commence à faire malgré nous, quand on devient maman. Tu sais, juste avant de t’endormir, quand le fil de tes pensées s’emballe et te fait imaginer des scénarios catastrophes dans lesquels il arriverait les pires atrocités à tes enfants. Tu les imagines kidnappés, noyés sous la glace, coincés à l’étage d’une maison en flammes… Et le grand classique : l’accident de voiture. Celui qui les retiendrait prisonniers du véhicule. Celui dans lequel tu serais responsable du drame.

Dimanche dernier, l’un de mes (nombreux) cauchemars éveillés s’est déroulé sous mes yeux. J’ai eu un accident. Et ma fille était à l’arrière.

Nous avions décidé de partir voir la Reine des Neiges, et c’est le coeur plein de joie et le sac à main de maman plein de bonbons que nous avons pris la route. Une route que je connais par coeur. Je ne sais plus ce que nous étions en train de faire, peut-être parlions nous. Peut-être chantions nous. Mais à la sortie d’un virage, le temps s’est soudainement arrêté. La voiture a glissé, et j’en ai complètement perdu le contrôle. Tout s’est passé en quelques secondes, mais dans ma tête, cela a duré une éternité.

La voiture qui m’échappe. Est-ce que j’essaie de tourner le volant? Est-ce que je freine?

La voiture qui part couper la voie de gauche.

Le premier choc. L’avant de la voiture qui s’écrase contre la roche.

Puis le côté droit qui vient la heurter à son tour dans un bruit assourdissant de tôle froissée, la vitre qui éclate en mille morceaux. Et ma fille qui hurle, qui hurle.

Je suis secouée dans tous les sens, vers l’avant, sur les côtés, vers l’arrière. Et je me dis que ma fille est en train de vivre les mêmes choses. Et quand la voiture s’immobilise enfin, je remarque avec horreur que l’on est complètement en travers sur la voie de gauche, cachées au détour d’un virage. Je me dis qu’on va se faire percuter par les autres voitures, qui vont arriver d’un instant à l’autre et qui ne savent pas que nous sommes là, coincées, impuissantes. Je me dis que je dois la sortir de là, mais comment? J’ai tellement peur de me retourner, et de ce que je vais voir.

J’appuie de toutes mes forces sur le klaxon. Faites que les voitures m’entendent, qu’elles se méfies, qu’elles s’arrêtent!

Je me retourne vers l’arrière. Que vais-je y trouver? Cela ne dure que quelques secondes,mais je m’imagine le pire. Ma fille en sang? Inconsciente?

Je la vois enfin. Elle pleure, mais elle semble aller bien. J’essaie de la rassurer. Et dehors, les voitures arrivent… et s’arrêtent. Mes jambes sont en coton et j’ai des éclats de verre dans les bottes, mais j’ouvre ma portière, j’attrape ma fille et, en la serrant fort contre moi, je l’emmène derrière la barrière, de l’autre côté de la route. Enfin, je respire. Nous sommes saines et sauves.

Je ne l’ai plus lâchée. Assise dans l’herbe en attendant les secours, elle était sur moi. Dans le camion des pompiers, je l’ai gardée allongée contre moi. Même aux urgences, nous sommes montées toutes les deux sur le même brancard.

Ma voiture est complètement fichue. Je m’en tire avec des douleurs à la nuque et des contusions. Mais elle, elle n’a pas une égratignure. Quoi de plus important?

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Avant de partir …

25 comments

  1. alameresi says:

    Oh ma pauvre, je n’ose imaginer ce cauchemar… J’espère que tu vas pouvoir laisser ça derrière toi. Et comme tu dis, vous êtes saines et sauves, c’est bien ça l’important, même si vous avez dû être très choquées.

    • Maman Dinde says:

      Honnêtement, j’ai l’impression que pour la puce, ça va. On verra avec le temps… Moi je m’en remets bien, je trouve. Pourvu que ça dure!

  2. silvara says:

    Cest encore avec émotion que je lis ton récit, cela me glace toujours le sans, moi aussi je m’imagine toujours des scénarios catastrophes…ça me pourrit l’existence en quelque sorte. Et lire ton accident est bouleversant, tu as du être tellement sonné par tout ça émotionnellement parlant! En tout cas vous êtes en bonne santé et c’est le principal.

    • Maman Dinde says:

      Je pense qu’on le fait toutes, il faut juste arriver à ne pas se laisser « bouffer » par ces angoisses à la noix. Plus facile à dire qu’à faire!

  3. Amélie Epicétout says:

    Merci vous n’avez rien de grave. Je ne pensais pas à un accident aussi grave quand tu y as fait référence, j’ai cru à un accrochage. Et aujourd’hui comment ça va toutes les deux? Fichues bagnoles.

    • Maman Dinde says:

      Ca va de mieux en mieux. Presque plus de douleurs pour ma part, et la puce en parle une à deux fois par jour mais jamais pendant longtemps (pragmatique, elle me dit « il ne faut pas faire un accident avec la voiture grise, sinon on n’aura plus de voiture! »)

  4. Mamantufaisquoi says:

    J’ai le ventre noue en lisant ça, ma pauvre tu as du avoir une trouille, ça arrive si vite, Dieu merci vous n’avez rien de grave, j’espère que vous vous remettez toutes les deux doucement mais sûrement du choc, des bises

  5. vivi5371 says:

    C’est clair le cauchemar éveillé comme tu dis, j’imagine la trouille que tu as du avoir !!! Heureusement tout se termine bien !! gros bisous à vous 2 !!!

  6. Valentine says:

    Et ben dis donc…….je reste sans voix.
    On pense toujours que ça ne nous arrivera pas mais il suffit de qq secondes.
    J’espère que ta fille ne sera pas trop traumatisé et toi aussi…
    courage pour vite tourner la page.

  7. Isa says:

    Oh, je viens de découvrir ton article, et j’en ai eu les larmes aux yeux. Ca m’est arrivé une fois quand j’étais étudiante et j’y pense encore, alors je n’ose même pas imaginer avec un enfant à l’arrière… Bon courage, bises à toi et à ton niminus.

  8. La cigale ou la fourmi says:

    Je n’avais pas lu cet article.
    Je m’y suis vue, tant ton récit est réaliste.
    J’en ai des frissons.
    Heureuse que vous soyez là, seines et sauves, et que nous puissions continuer de profiter de ta belle plume.
    Bises.

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