La vie, ce n’est pas que ce qu’on vous montre sur Instagram. [Part. 1]

Alors que nos virées familiales se résument traditionnellement au mobil home en bord de mer, au club clapou et à Carabouille, nous avions décidé pour ces vacances de prendre quelques risques en emmenant nos petits bouseux dans la jungle urbaine de Paris pour la première fois. Premier voyage en TGV, premier métro et premiers musées, autant de nouveautés que de parfaits moments instagrammables. La tour Eiffel qui scintille, leur descente dans une bouche de métro style art-nouveau, un joli filtre vintage, Notre Dame, Dali, Vénus, Mona et tout ça. Des instants doux, des clichés magiques, des souvenirs immortels.

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Mais voilà, résumer notre séjour que par ces quelques photos filtrées serait mentir. Oublier serait trahir.

Nous étions au jardin des plantes, un endroit splendide, calme, reposant, retiré du tumulte des rues parisiennes. Nous sortions de la galerie de paléontologie, et le Niminus était en parfaite effervescence après avoir passé 45 minutes à admirer des viscères de gnou dans du formol. Nous venions d’improviser un shooting photo sous un arbre aux couleurs éclatantes. Les lardons me lançaient des poignées de feuilles sur l’objectif en riant, et l’Homme, charmé, capturait ce doux instant dans un cliché qui se retrouva inévitablement quelques heures plus tard sur Instagram.

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Mais ce que l’histoire ne dit pas, c’est pourquoi ce cliché n’a pas été publié instantanément.
Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que ce même lardon qui éclatait de rire en se roulant dans les feuilles mortes eut quelques minutes plus tard des tracas intestinaux qu’il ne put ignorer. Ou contenir.

Je sais que je vous avais peint jusque là un portrait romantique d’une jolie famille en voyage. Des enfants rieurs, des parents attendris, un parc bucolique sous un soleil d’automne. L’osmose totale, un ciel bleu sans un nuage à l’horizon.

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Mais ce que je m’apprête à vous raconter va malheureusement nous faire retomber sur terre sans parachute. Pas même un petit matelas pour amortir la chute. Parce qu’il n’y a pas mille façons de le dire je préfère retirer le pansement d’un coup sec : le lardon a eu une chiasse carabinée. Seulement quelques minutes se sont écoulées entre l’annonce du problème et la catastrophe que nous ne sommes pas parvenus à éviter, quelques minutes pendant lesquelles nous avons tracté au pas de course un enfant qui serrait les fesses dans ce pittoresque mais bougrement grand Jardin des Plantes, sans parvenir à lui trouver une cuvette pour se soulager. Son slip en fera les frais quelques instants plus tard.

Le Lardon éclata en sanglots, l’Homme était au bord de lui-même, et le Niminus tentait de suivre la cadence en demandant candidement si nous pouvions aller au musée de minéralogie.

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J’ai choppé mon lardon sous le bras, et nous sommes entrés au grand galop dans la galerie de l’évolution, où un vigile plein d’empathie nous a indiqué la direction des toilettes en frottant la tête du lardon. « Allez, ça va aller, mon gars!« 

L’enfant toujours semi-hystérique et moi-même sommes passés en ligne droite devant la file d’attente de visiteurs médusés pour nous enfermer dans un cabinet. D’un geste efficace et méthodique, j’ai suspendu manteau, sac et foulard au petit crochet, tirant bien vite la chasse sur la petite crotte déposée là en guise d’offrande par le précédent occupant. Je savais que ce qui m’attendait était bien pire. J’ai relevé mes cheveux, relevé mes manches, et sans penser aux germes, aux bactéries, aux miasmes, aux staphylocoques et aux poils pubiens, je me suis mise à genoux dans des chiottes publiques.

To be continued…

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Sauter du coq à l’âne.

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Avant de partir …

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