La déconvenue

Cette scène, aussi invraisemblable puisse-t-elle paraître, s’est réellement déroulée vers 13h45 ce mardi 30 Septembre, dans mon petit patelin Franc-Comtois. Ayant terminé ma journée de travail, j’avais rendez-vous avec ma nounou sur le parking en face de l’école de sa fille, pour y récupérer mon petit chouchou de lardon.

Comme à chaque début d’après-midi, un agent municipal tout de jaune vêtu et petit panneau STOP à la main était chargé de faire traverser la route aux enfants. Aujourd’hui, c’était un monsieur d’une cinquantaine d’années, le gilet tendu sur la bedaine et les lunettes à verres teintés assorties (à la bedaine), qui m’a barré la route.

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Je le regardais vaguement effectuer son office quand soudain j’ai aperçu sur le trottoir quelque chose qui m’a mise autrement plus en joie : mon bichon, tenant la main de sa nounou. Je sais que je me lamente souvent de mon sort en ces murs, mais comme toutes les mamans, je suis bien entendue folle d’amour pour mon Chouchounet (voici d’ailleurs en exclusivité le vrai surnom tout à fait niais que je donne à mon fils au quotidien). Je me réjouis toujours des retrouvailles, et il me le rend bien (enfin, ce fut le cas aujourd’hui)

Quand il m’a vue derrière mon volant, son regard s’est illuminé. Émue, je lui ai fait un grand sourire, et plein de petits coucous. Je lui ai envoyé un baiser ou deux, me languissant de pouvoir dans quelques instants planter des bisous qui claquent sur sa petite trogne toute joufflue. Je n’avais d’yeux que pour lui, comme quand on va voir son enfant à son spectacle de fin d’année : ils ont beau être cinquante gamins sur scène, on ne voit que le sien, et tout ce qu’il y a autour devient flou. A ce moment là, je ne vois donc que ses yeux qui brillent, ses bouclettes et son grand sourire. Tout le reste n’existe plus.

Sauf que là, j’étais quand même au milieu de la route, et je distinguais vaguement le mec en jaune qui revenait peu à peu dans mon champ de vision. Lorsque j’ai rompu le contact visuel avec mon petit bouchon, la scène qui était en train de se dérouler devant moi est redevenue bien nette. J’étais désormais à nouveau consciente de la présence des voitures derrière moi, des enfants sur les trottoirs, de la nounou à côté de mon fils. J’étais d’ailleurs encore en train de lui envoyer des petits signes d’amour lorsque j’ai remarqué le gars en jaune qui faisait la signalisation.

Sauf qu’il n’était plus du tout en train de faire traverser les gosses, mais posté bêtement à un mètre du lardon, le rose au joues et un sourire béat aux lèvres, en train de me faire un petit coucou tout gêné.

Puis il a regardé le bébé qui se tenait à deux pas de lui. Et il a réalisé que ce n’était pas à lui que je soufflais des baisers du bout des doigts depuis deux minutes.

Fâcheuse désillusion.

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Avant de partir …

9 comments

  1. Sophie says:

    Parfois ça fait plaisir de plaire… et parfois non!!! 🙂 Heureusement que tu précises que la scène a vraiment eu lieu car on pourrait aisément remettre en doute son authenticité : y’en a qui doute (singulier ou pluriel?… m’en fout!) de rien quand même!!!

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