Celle qui n’aimait pas se promener.

L’hiver commence enfin à faire moins le malin et a laisser le soleil réchauffer nos petits corps un peu trop engraissés par les nombreuses déclinaisons des plats aux excellents fromages Franc-Comtois (raclette au Morbier = life). Ayant toujours une âme de cul-terreux croisé avec un lézard flemmard, j’éprouve le besoin d’être au grand air dès que j’entrevois un petit coin de ciel bleu, au grand dam de l’Homme qui se contente tout à fait de baisser les volets pour mieux voir l’écran de la console.

Hier donc, écoutant l’appel des pâturages et des chemins boueux, j’ai proposé aux lardons d’aller donner du pain sec aux quelques chevaux que nous avions croisés quelques jours plus tôt dans un champ assez proche. Emballés à l’idée d’aller sauter dans les flaques, ils ont tout de suite enfilé leurs bottes et leurs bonnets, et en route mauvaise croute! (copyright lardon 2015)

17036091_1852988838276425_764355500_o

J’ai vraiment découvert ce qu’était une promenade quand j’ai eu le Niminus. Il faut dire qu’à part les vieux qui errent traditionnellement dans les rues du village le dimanche après-midi entre 14 et 15h, qui se promène encore de nos jours? Certainement pas moi, à part entre les allées du Séphora.

Mais ça, c’était avant d’avoir des gosses à aérer quotidiennement.

Les premiers mois de maternité, les promenades en poussette ne sont pas franchement interactives (c’est un peu comme pousser un caddie autour d’un lac quoi), mais pas franchement désagréables non plus. Le problème, c’est que très vite, l’enfant cherche à se barrer de son carrosse, voire, kiffance ultime : à le pousser lui-même (relouterie maximale). Mais le plus souvent, tu te retrouves à porter ton gamin d’un bras, à manœuvrer la poussette de l’autre, et à te demander ce que tu as fait au bon Dieu pour en arriver là.

17016621_1852988821609760_65492400_o

Ou là.

Puis vient l’ère des tricycles, draisiennes et autres vélos à roulettes qui amusent l’enfant environ 2 minutes 30 et que le parent finit systématiquement par se coltiner pendant que le gamin court gaiement 20 mètres devant, libre comme l’air (contrairement à toi qui porte sa trottinette, son casque, son écharpe, et le doudou encombrant à souhait qu’il a tenu à emmener. Un vrai mulet de pâture quoi.)

Mes enfants ayant désormais 4 et bientôt 8 ans, tout cela devrait être derrière moi. Ils ne devraient pas trop traîner la patte, me supplier pour que je les porte ou s’arrêter tout net au milieu d’un passage piéton en déclarant qu’ils ne feraient pas un pas de plus (grand classique).

Mais non. Laissez moi donc vous raconter notre promenade de ce matin.

Pour atteindre le champ béni où broutaient les chevaux encore inconscients de la visite de haut standing qui les attendait, nous avions une quinzaine de minutes de marche. En montée. Cela n’a pas du tout plu au lardon qui traînait sa misère en geignant 10 mètres derrière moi, alors que le Niminus, montée sur ressorts, faisait des sauts de cabri 15 mètres devant en narguant son frère le mou-du-genou. Enorgueilli, celui-ci a voulu refaire son retard en piquant un sprint et en se croutant à mes pieds dans un concert de cris perçants.

Pour calmer les esprits, j’ai proposé une petite chansonnette à trois voix (je vous rappelle que nous étions au milieu des champs, pas en centre-ville) mais là encore, le choix de la chanson faisait débat. J’ai donc suggéré d’arrêter tout bonnement de parler si c’était pour se dire des méchancetés (paye ton sang froid) ce qui n’a pas rencontré un franc succès. Dieu merci un chat errant a eu la bonne idée de venir se rouler devant eux, leur faisant oublier temporairement leur guerre des tranchées.

17015273_1852988701609772_1789982903_o

Chemin faisant nous avons découvert des tonnes de choses plus incroyables les unes que les autres, comme un bâton creux, un caillou qui brille ou un vieux bout de plastique à la provenance suspecte. Qu’à cela ne tienne, le lardon l’aura bourré dans sa poche quand même. Notons cependant qu’il refusera tout net d’y ranger le mouchoir qui venait de collecter sa propre morve.

Pas de vélo ou de trottinette pour nous cette fois, mais à mi-chemin, j’avais repris mes fonctions d’âne-de-bât en portant donc les mouchoirs usagés de mes gosses, le pain pour les chevaux, et les divers artifices dont mes lardons s’étaient délestés alors que j’étais moi-même gelée et avais entrepris de me couvrir la tête avec mon écharpe, façon bédouin des campagnes. Je vous le rappelle : nous étions au milieu des champs. Seuls. On peut donc bien chanter qui qu’a du caca kaki à tue-tête avec un plaid à franges autour de la tête si on veut.

Puis nous somme arrivés au paradis du péquenaud : les chemins terreux après un jour de pluie, pétris par les roues des tracteurs et recouverts d’une boue bien grasse dans laquelle les bottes s’enfoncent délicieusement. C’est presque aussi bien que de tremper ses pieds dans la mer l’été et de sentir le sable chaud entre ses orteils (presque).

Évidemment, je me suis rendue compte à ce moment là que le Niminus était en collants blancs, dont je vous laisse imaginer l’état à notre retour. Elle a même réussi à se coller de la terre au fond des bottes et à faire le flamand rose au milieu d’une flaque pour essayer de l’enlever, le tout en laissant son écharpe tremper dans l’eau. Mais estimons nous heureux : personne ne s’est retrouvé le cul par terre.

17036808_1852991038276205_1440343512_o

Une fois les chevaux rencontrés et nourris, le retour à la maison fut bien laborieux, sans autre objectif en vue que le passage à table alors même que des épinards étaient au menu. Là encore j’ai proposé la chansonnette pour enjouer les foules, mais le coeur n’y était pas, et le lardon, certainement alourdi par les 5 centimètres de boue collés sous ses bottes, a geint tout du long en manquant de s’asseoir dans des crottes de chien lors de ses élans contestataires. Sa soeur n’était pas en reste non plus : galopant comme une génisse au printemps 20 mètres devant, je devais lui beugler toutes les 2 minutes de s’arrêter à l’intersection.

16990069_1852988718276437_1179758841_o

Bon, ça valait quand même le coup.

Je suis rentrée psychiquement vidée. Je rentre souvent des promenades relativement tendue, ce qui est fort agaçant quand on se dit que le but de l’opération est justement de se détendre.

Mais niveau tension, je n’avais encore rien vu : aujourd’hui, on a emmené les vélos…

Le long du Doubs!

Enregistrer

(930)

Rendez-vous sur Hellocoton !
Did you like this? Share it:

Avant de partir …

11 comments

  1. Picou says:

    Ah Ah, j’ai bien ri! Surtout après avoir baladé ce week end, pourtant dans un parc bien citadin (mais où l’attrait des vieux machins qui traînent, le sable mouillé et les montées et descentes n’empêchent pas un râlage général!). Moi qui croyait effectivement que ça allait s’arranger en grandissant…tu me casses toutes mes illusions, là! Allez, allons donc nous aérer la tête avec une bonne promenade!

    • Maman Dinde says:

      Je ne sais pas si j’aimerai un jour les promenades en fait. Mais le prochain exploit : qu’ils réussissent à marcher tous les 2 au même rythme!

  2. Mam'Zelle A says:

    Oh là là comme je me retrouve dans ton billet ! Tant au niveau du besoin de bol d’air dès qu’il y a du soleil, de l’homme grognon qui préfère sa console, de l’ainée qui part en guise d’éclaireur et du mini qui traîne la patte en râlant tant et plus.
    Jolies photos ♥

  3. Cindy says:

    Mais il n’y a donc qu’un seul senario possible lors de ces balades ???!!
    Moi qui pensait qu’il y avait certainement des parents pour qui ce n’étais que joie et bonheur
    Bon ben chez moi c’est la même , avec un lardon de 4ans 1/2 et une lardonne de 7ans 1/2 ça se passe tout comme toi ha ha ha

    • Maman Dinde says:

      Je ne sais pas, mais chez moi ça finit toujours comme ça. Pourtant les parents que l’on croise ont l’air joie et plénitude de l’extérieur lol!

  4. Yeude says:

    Comme je compatis, je n’en ai qu’une, qui pédale en général tout le long et j’ai déjà l’impression d’être une mule !!! Par contre, elle ne m’épargne pas les arrêts tous les 10 mètres pour aller regarder des touffes d’herbes, un caillou ou pour faire écouter sa sirène de policier au moindre passant (et moi par contre, j’habite en ville, on en croise du monde !!!).

    • Maman Dinde says:

      Le lardon nous a fait le coup de s’arrêter en vélo cet aprem, genre pour regarder les ccanards. Sur 3km y’en a eu des arrêts intempestifs alors que la grande est déjà loin devant!

  5. Virginie says:

    Tellement ça ! Tu quittes la maison super fière de partir en balade avec tes enfants, tu te sens l’âme un peu aventurière et tu reviens en sueur avec 3 enfants qui pleurent, crient, se plaignent ! Le bonheur quoi ! Le pire c’est que tu y retournes quand même !

  6. Marjolaine says:

    Haha, comme c’est bien écrit ! Du coup, cela m’aide à prendre de la distance alors que lorsque ça m’arrive, en balade avec mes deux lardonnes de 4 et bientôt 8 ans, cela ne me fait pas rire du tout…
    Tenir un blog devrait être remboursé par la Sécu 🙂

Laisser un commentaire

Connect with Facebook