Quand on sera derrière l’église.

Parce que je vois mes lardons grandir sous mes yeux impuissants et le temps me filer entre les doigts, je me dis que c’est maintenant ou jamais, que je dois tout donner, nous créer des souvenirs, leur offrir une enfance à chérir. Expérimenter ensemble les joies des saisons et des traditions, mais aussi les plaisirs simples du quotidien. Les jeux, les dessins, les promenades, les sorties.

Parce que je veux aussi pouvoir leur faire découvrir des paysages différents et vivre des expériences nouvelles, désormais je travaille plus, dans l’espoir de gagner plus, pour qu’on puisse partir un peu plus.

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Et donc maintenant je rentre à la maison de nuit…

Parce que je suis aussi exigeante avec moi-même dans mon rôle de prof que dans mon rôle de mère, et que j’ai désormais 6 classes au lieu de 4, je passe beaucoup de temps sur mon boulot, mes préparations, mes corrections. Et comme je pense que les voyages forment non seulement la jeunesse mais également de futurs adultes ouverts et tolérants, je m’oblige à offrir cette opportunité à mes élèves, ce qui n’est pas sans son lot d’emmerdes et de soucis.

Parce qu’en plus d’être une mère et une enseignante, je suis aussi une épouse, j’essaie toujours de trouver un petit créneau pour mettre une bonne raclée à mon mari. Je sais qu’il n’attend que ça, et il faut bien l’avouer : même si je suis crevée ces derniers temps, moi aussi j’adore ça. (Pour les non-initiés : je parle de jeux de société, pas de violence domestique)

Parce que par dessus tout cela je ne veux pas oublier d’être ma propre personne et de vivre pour moi, j’essaie de dégager un peu de temps pour les sorties et les copines, de temps en temps. De moins en moins souvent, à vrai dire. Maintenir une vie sociale n’est pas chose facile quand on est épuisée.

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Parenthèse enchantée de la semaine : Le spot des Efluents pour voir les copines blogueuses.

Parce que quand je repense à la semaine qui vient de s’écouler, à tous les réveils qui ont sonné à des heures indécentes, aux tartines englouties dans la précipitation le matin, aux conseils de classe qui s’éternisent le soir, au voyage éclair à Paris, aux heures de cours à rattraper et aux calendriers de l’Avent à terminer dans l’urgence, ça me donne un peu le tournis.

J’ai l’impression d’être en roues libres. De dévaler une montagne à vélo et de me rendre compte que mes freins ne fonctionnent plus. Au lieu de céder à la panique, j’essaie de me sortir le nez du guidon et de me dire que je suis très certainement dans la période la plus éreintante de ma vie. Qu’il faut juste prendre les jours les uns après les autres sans trop réfléchir, n’en garder que le meilleur, et que le répit arrivera bientôt. Et en attendant, comme disait ma grand-mère, il faut se dire qu’on se reposera quand on sera derrière l’église.

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Avant de partir …

5 comments

  1. idhv says:

    Je le confirme, c’est quand les enfants sont petits qu’on est le plus épuisée et le plus découragée parfois. On me l’avais dit, et maintenant que les enfants sont plus grand, ça se confirme.
    Courage, ça passe très vite.

  2. Florence Batmax says:

    J’ai écrit la même chose cette semaine. Je suis complètement crevée.
    Et aujourd’hui dimanche, je me suis levée à 6h10 histoire de terminer mon paquet de troisième avant que tout le monde ne se réveille, et pouvoir profiter de la journée avec eux
    (Bon la clairement, je n’étais dur facebook et j’ai lu ton billet 🙂 )

  3. Kid Friendly says:

    C’est difficile de tout concilier. Certaines semaines ça se fait plutôt bien, mais souvent c’est la course pour tout et c’est le sommeil qui morfle…
    Après, je préfère vivre à 100 à l’heure que vivre une vie plate 😉

  4. PetitDiable says:

    Je pense vraiment que tout faire à 200% est impossible, sauf si on a beaucoup beaucoup de fric, ce qui n’est pas notre cas, les profs. Ou alors si comme Napoléon, on n’a pas besoin de plus de 5h de sommeil par nuit. Mais les mecs comme Napoléon, c’est rare…(et tant mieux!)

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