Quand on sera derrière l’église.

Parce que je vois mes lardons grandir sous mes yeux impuissants et le temps me filer entre les doigts, je me dis que c’est maintenant ou jamais, que je dois tout donner, nous créer des souvenirs, leur offrir une enfance à chérir. Expérimenter ensemble les joies des saisons et des traditions, mais aussi les plaisirs simples du quotidien. Les jeux, les dessins, les promenades, les sorties.

Parce que je veux aussi pouvoir leur faire découvrir des paysages différents et vivre des expériences nouvelles, désormais je travaille plus, dans l’espoir de gagner plus, pour qu’on puisse partir un peu plus.

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Et donc maintenant je rentre à la maison de nuit…

Parce que je suis aussi exigeante avec moi-même dans mon rôle de prof que dans mon rôle de mère, et que j’ai désormais 6 classes au lieu de 4, je passe beaucoup de temps sur mon boulot, mes préparations, mes corrections. Et comme je pense que les voyages forment non seulement la jeunesse mais également de futurs adultes ouverts et tolérants, je m’oblige à offrir cette opportunité à mes élèves, ce qui n’est pas sans son lot d’emmerdes et de soucis.

Parce qu’en plus d’être une mère et une enseignante, je suis aussi une épouse, j’essaie toujours de trouver un petit créneau pour mettre une bonne raclée à mon mari. Je sais qu’il n’attend que ça, et il faut bien l’avouer : même si je suis crevée ces derniers temps, moi aussi j’adore ça. (Pour les non-initiés : je parle de jeux de société, pas de violence domestique)

Parce que par dessus tout cela je ne veux pas oublier d’être ma propre personne et de vivre pour moi, j’essaie de dégager un peu de temps pour les sorties et les copines, de temps en temps. De moins en moins souvent, à vrai dire. Maintenir une vie sociale n’est pas chose facile quand on est épuisée.

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Parenthèse enchantée de la semaine : Le spot des Efluents pour voir les copines blogueuses.

Parce que quand je repense à la semaine qui vient de s’écouler, à tous les réveils qui ont sonné à des heures indécentes, aux tartines englouties dans la précipitation le matin, aux conseils de classe qui s’éternisent le soir, au voyage éclair à Paris, aux heures de cours à rattraper et aux calendriers de l’Avent à terminer dans l’urgence, ça me donne un peu le tournis.

J’ai l’impression d’être en roues libres. De dévaler une montagne à vélo et de me rendre compte que mes freins ne fonctionnent plus. Au lieu de céder à la panique, j’essaie de me sortir le nez du guidon et de me dire que je suis très certainement dans la période la plus éreintante de ma vie. Qu’il faut juste prendre les jours les uns après les autres sans trop réfléchir, n’en garder que le meilleur, et que le répit arrivera bientôt. Et en attendant, comme disait ma grand-mère, il faut se dire qu’on se reposera quand on sera derrière l’église.

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Remplir son calendrier de l’Avent

Vous savez quel est le comble pour une dinde? C’est d’attendre Noël avec impatience. Et c’est pourtant mon cas. J’aime Noël. La magie, le sapin, les lumières, le chocolat et surtout : réfléchir au cadeau parfait pour les personnes qui me sont chères. Et donc bien évidemment, je suis tombée dans la folie du calendrier de l’Avent homemade, depuis maintenant 5 ans (revois ici celui que j’avais fait pour mon filleul). Je trouve cela assez chouette d’ouvrir sa petite case tous les jours sans savoir ce qu’on va y trouver. Tellement chouette que cette année, j’en confectionne même 4, de calendriers, masochiste que je suis. Mais pour tout vous dire, je crois que je prends autant de plaisir à les créer que mes lardons à les ouvrir. Seulement, même si le calendrier que nous avons depuis 5 ans déjà reste assez joli, il a un problème de taille : sa taille, justement.

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Ou plutôt la taille de ses compartiments. Car à part 2 schokobons limite pré-mâchés, il ne peut pas contenir bien grand chose. Mais cette année, je crois avoir trouvé la solution.

Après avoir passé tout mon mois de Novembre à glaner ci et là des petits présents pour mes divers calendriers de l’Avent, voici ce que j’ai trouvé pour mes lardons et qui rentre dans des mini cases :

  • Des petits chocolats Kinder. Ils les font tous en mini, et ils sont tous trop bons.
  • Des boucles d’oreilles de chez HEMA. J’ai la chance d’avoir une fille qui supporte très bien le toc. Et à 4€ les 5 paires, j’ai de quoi remplir mon calendrier sans me ruiner.
  • Des billes. Grande folie de la récré dans l’école des lardons.
  • Des figurines des mini tub’s PAPO : les chevaliers. 4cm la figurine, c’est le top.
  • Des accessoires pour cheveux : élastiques et barrettes de chez Claire’s ou H&M.
  • Des autocollants de Noël (HEMA) : oui, je me suis amusée à découper les planches pour que ça rentre…
  • Des tatouages temporaires (également pré-découpés) de toute beauté (…)
  • des petits animaux playmo minuscules et leur pitance (les lardons risquent d’être médusés en trouvant la salade en plastique du cochon d’inde playmobil au 4 décembre…)

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L’an dernier. Les enveloppes collées aux escaliers? Le calendrier de l’Homme!

J’aurais pu m’arrêter là. Mais cette année, j’avais envie d’essayer de mettre davantage l’accent sur les vraies valeurs de Noël, sur l’envie de faire plaisir, en leur montrant que le plus beau des cadeau n’est pas celui que l’on achète, mais celui qui vient du coeur. J’avais envie de cadeaux faits maison. Mais comme cela reste assez incompatible avec le fait de croire au Père Noël (à qui le Niminus a commandé une maison…), j’ai pensé me servir du calendrier pour leur offrir des petits cadeaux sur lesquels j’avais passé du temps. Voilà les idées que j’ai trouvées jusque là et qui sont dans mes cordes :

  • Des bracelets en coton, que je confectionne le soir en regardant des séries d’ados. J’ai l’impression d’avoir 14 ans à nouveau. Je kiffe.
  • Des guirlandes en papier scrap aux couleurs de leurs chambres.
  • Un marque-page pour le lardon qui commence à vouloir lire de longues histoires.
  • Des boucles d’oreilles (rien de très élaboré, juste une perle au bout d’un fermoir hein…)
  • Des polaroïds : pas vraiment homemade, mais j’ai trouvé cette très chouette idée sur photobox. Je leur ai donc personnalisé une ou deux cartes avec des photos de nos vacances et un petit commentaire pour qu’ils puissent les accrocher dans leurs chambres.
  • Des débardeurs personnalisés : ils avaient besoins de maillots de corps. Je les ai pris blancs, et je me suis munie de feutres pour tissu et de papier transfert. Je ne me suis pas encore lancée…la peur de tout flinguer est bien réelle…

Mais le premier problème avec le fait maison, c’est que cela prend du temps. Temps que je n’aurai pas en décembre à part la nuit. Et le second : cela ne tiendra jamais dans les 4cm3 de mes petites cases. Heureusement, Les Griottes sont là et m’ont apporté LA solution : les chaussettes à accrocher au sapin!

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Les Griottes m’ont offert ces jolies chaussettes de Noël, et j’ai choisi le motif vintage. J’espère que les lardons vont aimer autant que moi!

Regardez donc comme elles sont jolies! Je les ai personnalisées à leurs prénoms en un clic (c’est presque du homemade, non?) et quelques jours plus tard elles m’attendaient dans ma boîte. Le 1er décembre, ils trouveront donc une énigme dans leur petit compartiment les menant jusqu’à ces jolies petites chaussettes. Et les jours suivants, je les garnirai à nouveau de tout ce qui ne rentrent pas dans le calendrier. Merci à vous, Les Griottes : vous me sauvez la mise!

N’hésitez pas à me donner d’autres idées de petits cadeaux à cacher dans le calendrier. En attendant, je retourne à mes bracelets (et à Gossip Girl…)

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Très sainte mère

Comment aller à Paris et ne pas visiter Notre Dame? Même si le caractère sacré du lieu échappait un peu à certains membres de notre fine équipe (le lardon a passé la visite à demander où elle était, la dame), je suis d’avis que la majesté de l’édifice s’admire dès le plus jeune âge. C’est pourquoi nous avions décidé de nous y rendre, comme le font 30 000 touristes lambdas chaque jour. Et, comme le font 30 000 touristes lambdas chaque jour, il nous a fallu faire la queue. Ce fut là l’occasion de contempler (longuement) les impressionnantes sculptures ornant la façade de la cathédrale. L’occasion également de passer pour une inculte devant sa fille posant mille questions sur l’identité des personnes représentées, questions auxquelles je ne savais évidemment pas répondre. Je me suis donc fiée à ma logique redoutable en lui disant que nous avions très certainement face à nous des statues de Saints.

Mais qu’est-ce qu’un Saint? Me demandera-t-elle. Moi qui croyait m’être extirpée de l’interrogatoire avec la mention passable, j’étais à nouveau sur le grill. Je ne me souviens plus de mes mots exacts, mais je lui ai expliqué qu’un Saint était une personne qui avait accompli énormément de bonnes choses dans sa vie, qui avait fait le bien, qui avait aidé les autres. Cette réponse sembla la satisfaire et clore le débat.

france-paris-notre-dame-facade

Lundi dernier était une journée parfaitement banale. Les lardons venaient de rentrer de l’école et prenaient leur goûter pendant que je vidais le lave-vaisselle. Le Niminus, songeuse, me regardait faire en croquant dans un quartier de pomme que je lui avais tendrement épluché. Soudain, elle déclara : « Toi maman c’est sûr, tu vas avoir ta statue sur Notre Dame de Paris ». Ne voyant pas où elle voulait en venir, je lui demandai d’élaborer. « Ben tu m’as dit que c’était les gens qui faisaient beaucoup de choses pour les autres qui étaient en statue. Alors toi c’est sûr, tu y seras quand tu seras morte! »

Le secret de la canonisation en 2016 : vider le lave-vaisselle. Ou éplucher des pommes pour autrui, à choix.

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La vie, ce n’est pas que ce qu’on vous montre sur Instagram. [Part. 2]

Previously, on Mamanfaitladinde.com…

J’ai relevé mes cheveux, relevé mes manches, et sans penser aux germes, aux bactéries, aux miasmes, aux staphylocoques et aux poils pubiens, je me suis mise à genoux dans des chiottes publiques. (relire la première partie)

Un léger écartement de l’élastique du pantalon du lardon confirma le diagnostic, et j’ai tout de suite compris que le pronostic vital du vêtement était franchement engagé. J’ai aussitôt appelé l’Homme, lui demandant de partir sans plus tarder en quête d’un nouveau falzar.

J’ai raccroché. L’heure de mettre les mains dans le cambouis avait sonné.

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J’ai commencé par fébrilement enlever ses chaussures au lardon, et mon soulagement de découvrir qu’elles n’étaient pas souillées fut considérable. J’ai continué ma progression de bas en haut mais je ne suis pas allée bien loin. J’ai en effet vite repris mon téléphone pour demander à l’Homme d’ajouter des chaussettes à la liste de courses.

Du bout des doigts, j’ai délivré mon lardon de ses vêtements cochonnés. Par bonheur, j’avais dans mon sac un paquet de débarbouillettes, que j’ai intégralement vidé pour laver au mieux mon enfant des pieds aux fesses. Il se trouve que nettoyer de la matière fécale dans cet état plutôt crémeux était particulièrement difficile, encore plus avec des lingettes de la taille de ma paume et sans point d’eau.

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Mais il me fallait pourtant me montrer calme et rassurante envers mon enfant, comme si la situation dans laquelle nous étions ne m’affectait pas du tout. Comme si cette scène ne me dégoûtait pas le moins du monde. Comme si je n’étais pas un petit peu en train de me vomir dans la bouche. Être à genoux dans les toilettes des hommes avec de la merde jusqu’aux coudes? Quoi de plus banal, mon canard!

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Eh ouais, j’étais en collants…

Alors que je cajolais tout en torchant et que je torchais tout en cajolant, des visiteurs blasés de n’avoir plus qu’un toilette à disposition (les pauvres biquets) s’acharnaient sur la poignée de la porte, se demandant probablement ce que nous pouvions bien faire de si extraordinaire dans ce chiotte pendant si longtemps. Laissez moi vous dire que je ne me suis pas montrée aussi cajolante avec eux.

Une fois le lardon à peu près lavé et la cuvette des chiotte remplie ras la gueule de lingettes et de PQ, je fis le sacrifice ultime en nouant mon foulard préféré autour de la taille du lardon, lui fabriquant ainsi un paréo cache-zizi qui lui permettrait de sortir des cabinets sans froisser sa dignité de mâle.

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Puis je suis allée me laver les mains environ 3 milliards de fois.

Fort heureusement, l’Homme arriva à la rescousse quelques minutes plus tard, armé d’un jeans, de chaussettes et délesté de 50€. Le Jardin des Plantes est magnifique, mais les petites boutiques des alentours aussi. Je l’ai laissé rhabiller le lardon et mettre ses fringues d’origine dans le petit sac de la honte dont le fumet nous assura des places assises dans le métro. Nous sommes repartis en direction de la boîte à chaussures qui nous servait de pied à terre parisien, trainant par la main un lardon en mission commando et un Niminus ruminant encore sa visite de la galerie de minéralogie foutue en l’air par les sphincters de son frère, et laissant derrière nous l’espace d’une heure ou deux notre volonté de vivre.

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Si vous avez aimé les tendres images de ces articles, vous en retrouverez plein d’autres sur mon Instagram. Mais si vous avez un petit côté scato et que votre truc c’est plutôt les anecdotes crados, alors rendez-vous sur ma page facebook!

 

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La vie, ce n’est pas que ce qu’on vous montre sur Instagram. [Part. 1]

Alors que nos virées familiales se résument traditionnellement au mobil home en bord de mer, au club clapou et à Carabouille, nous avions décidé pour ces vacances de prendre quelques risques en emmenant nos petits bouseux dans la jungle urbaine de Paris pour la première fois. Premier voyage en TGV, premier métro et premiers musées, autant de nouveautés que de parfaits moments instagrammables. La tour Eiffel qui scintille, leur descente dans une bouche de métro style art-nouveau, un joli filtre vintage, Notre Dame, Dali, Vénus, Mona et tout ça. Des instants doux, des clichés magiques, des souvenirs immortels.

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Mais voilà, résumer notre séjour que par ces quelques photos filtrées serait mentir. Oublier serait trahir.

Nous étions au jardin des plantes, un endroit splendide, calme, reposant, retiré du tumulte des rues parisiennes. Nous sortions de la galerie de paléontologie, et le Niminus était en parfaite effervescence après avoir passé 45 minutes à admirer des viscères de gnou dans du formol. Nous venions d’improviser un shooting photo sous un arbre aux couleurs éclatantes. Les lardons me lançaient des poignées de feuilles sur l’objectif en riant, et l’Homme, charmé, capturait ce doux instant dans un cliché qui se retrouva inévitablement quelques heures plus tard sur Instagram.

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Mais ce que l’histoire ne dit pas, c’est pourquoi ce cliché n’a pas été publié instantanément.
Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que ce même lardon qui éclatait de rire en se roulant dans les feuilles mortes eut quelques minutes plus tard des tracas intestinaux qu’il ne put ignorer. Ou contenir.

Je sais que je vous avais peint jusque là un portrait romantique d’une jolie famille en voyage. Des enfants rieurs, des parents attendris, un parc bucolique sous un soleil d’automne. L’osmose totale, un ciel bleu sans un nuage à l’horizon.

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Mais ce que je m’apprête à vous raconter va malheureusement nous faire retomber sur terre sans parachute. Pas même un petit matelas pour amortir la chute. Parce qu’il n’y a pas mille façons de le dire je préfère retirer le pansement d’un coup sec : le lardon a eu une chiasse carabinée. Seulement quelques minutes se sont écoulées entre l’annonce du problème et la catastrophe que nous ne sommes pas parvenus à éviter, quelques minutes pendant lesquelles nous avons tracté au pas de course un enfant qui serrait les fesses dans ce pittoresque mais bougrement grand Jardin des Plantes, sans parvenir à lui trouver une cuvette pour se soulager. Son slip en fera les frais quelques instants plus tard.

Le Lardon éclata en sanglots, l’Homme était au bord de lui-même, et le Niminus tentait de suivre la cadence en demandant candidement si nous pouvions aller au musée de minéralogie.

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J’ai choppé mon lardon sous le bras, et nous sommes entrés au grand galop dans la galerie de l’évolution, où un vigile plein d’empathie nous a indiqué la direction des toilettes en frottant la tête du lardon. « Allez, ça va aller, mon gars!« 

L’enfant toujours semi-hystérique et moi-même sommes passés en ligne droite devant la file d’attente de visiteurs médusés pour nous enfermer dans un cabinet. D’un geste efficace et méthodique, j’ai suspendu manteau, sac et foulard au petit crochet, tirant bien vite la chasse sur la petite crotte déposée là en guise d’offrande par le précédent occupant. Je savais que ce qui m’attendait était bien pire. J’ai relevé mes cheveux, relevé mes manches, et sans penser aux germes, aux bactéries, aux miasmes, aux staphylocoques et aux poils pubiens, je me suis mise à genoux dans des chiottes publiques.

To be continued…

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Sauter du coq à l’âne.

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Les 16 métiers d’une mère entre 7h30 et 8h30

  • Majordome attentionné, lorsqu’elle réveille doucement les enfants endormis en ouvrant délicatement leurs rideaux, en leur servant à boire et en leur préparant tendrement leurs tartines.
  • Nutritionniste avisée, lorsqu’elle propose une tartine à son enfant qui avait initialement porté son choix sur « juste une sucette ».
  • Infirmière roublarde, lorsqu’elle administre à son morveux de l’Exomuc dissimulé dans un verre de jus de fruit.
  • Bourreau aimant, lorsqu’elle lui annonce avec empathie que les petites pulvérisations de pschit dans le nez ne sont pas négociables.
  • Maître d’oeuvre efficace, lorsqu’elle distribue les diverses tâches de débarrassage, débarbouillage et habillage à la marmaille pendant qu’elle va se maquiller.

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La théorie : l’enfant jovial effectuant sa mission avec entrain

  • Inspecteur des travaux finis incrédule, lorsqu’elle constate que rien de tout cela n’a été fait, qu’au lieu de remettre la bouteille de lait dans le frigo sa fille s’entraîne à la porter en équilibre sur sa tête, et que tous deux ont joué à qui ferait le plus de « neige » en percutant à nombreuses reprises son choco Prince contre le rebord de son bol.
  • Juge aux affaires familiales sans pitié, lorsqu’elle leur annonce avec fermeté et conviction qu’ils en avaient pris pour une semaine ferme de petits dejs sans chocos.
  • Femme de ménage renfrognée, lorsqu’elle aspire la « neige » sur la chaise, sous la table et, accessoirement, dans les cheveux du lardon.

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Ou alors ça.

  • Négociateur du GIGN patient, lorsqu’elle convainc un lardon boudeur et surtout cul nu qu’au 18 octobre en Franche-Comté, il fait définitivement trop froid pour mettre le T-Shirt de Mario et que non, il ne peut pas remettre le slip de Shawn le mouton qu’il est allé rechercher dans le panier de linge sale.
  • Coiffeuse / Maîtresse, lorsqu’elle tresse les cheveux de sa fille en lui faisant réciter les doubles et les moitiés.
  • Caporal chef courroucé, lorsque c’est l’heure de décoller et qu’elle vocifère des consignes à tour de bras alors même que sa fille joue au pseudo-élastique en sautant comme un cabri entre les rainures du carrelage de la cuisine et que son fils, toujours les fesses à l’air, s’essuie la langue sur les rideaux de l’entrée pour tenter d’enlever l’arrière goût d’Exomuc.
  • Joueuse professionnelle de Tetris, lorsqu’elle tente de trouver une place sur ces foutus parkings d’écoles (oui, écoles au pluriel. Kill me now)

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Ma-gi-que on vous dit

  • Toiletteuse pour gosses, lorsqu’elle s’aperçoit en descendant le lardon de la voiture qu’il a encore du chocolat tout autour de la bouche qu’elle nettoie prestement avec son pouce enduit de bave.
  • Chef de cabinet volubile, lorsqu’elle débite à son enfant son emploi du temps de ministre pour la journée en lui précisant bien qu’aujourd’hui c’est maman et pas papa qui vient le chercher après les TAP et pas à l’heure des papas / mamans / tatas
  • Génie de la lampe magique, lorsqu’elle lui promet beaucoup plus de trois voeux pour ne pas qu’il se mette à pleurer lors de la redoutée séparation.
  • Pilote de formule un, lorsque tout le monde est enfin à l’école dans un état de propreté acceptable mais qu’elle, elle est en retard au boulot.

Et je suis sûre que vous en trouverez d’autres, non?

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5h27

Je me suis encore endormie sur le bifteck. Alors entendons nous, pas le morceau de bidoche, non, vous savez bien que je suis végétarienne. Je veux dire que je me suis encore endormie en lisant. Que je me pose dans mon lit trépignant d’enthousiasme à l’idée de retrouver mon bouquin du moment, que je lis 3 pages et que je me réveille en sursaut 10, 20, 30 minutes plus tard avec la lumière allumée, le livre par terre et la flaque de bave sur l’oreiller.

Ca m’arrive tous les soirs, ces derniers temps. La faute à la rentrée, à la reprise, à ce rythme de dingue qui a provoqué la rupture brutale de la relation d’amour qu’entretenaient mes fesses avec mon canapé. Et bien entendu, le réveil est aussi rude que l’endormissement fut humide. Mais ce matin, on a quand même battu des records, puisque je me suis faite tirer du sommeil à 5h27 claquantes par des appels en détresse du lardon. Ou plutôt, par des « aïe aïe aïïe! » en provenance de l’étage. C’est la nouveauté du mois : il ne nous appelle pas directement mais pousse des cris agonisants, ce qui ne rend pas le processus plus agréable (ni moins crispant). Etant donné que l’Homme agonise depuis quelques jours ( = il a le nez qui coule), c’est moi qui m’y suis collée.

J’ai trouvé un lardon à poil sur le trône m’annonçant qu’il avait mal aux fesses. En effet, après un bref passage de PQ, j’ai pu remarquer qu’il était légèrement chiasseux. Mais cela n’expliquait pas sa nudité, et c’était bien là mon inquiétude, et pour cause : il avait bel et bien pissé au lit. J’ai pris la chose avec flegme : après tout, c’est la première fois que cela lui arrive. Et surtout, je vous avoue avoir été quelque part soulagée de n’avoir que de la pisse à nettoyer (nous les mères savons faire contre fortune bon coeur).

Je profite de l’occasion pour me féliciter de mon admirable bonne composition nocturne, sachant que les évènements de la nuits regroupaient deux choses qui me débectent : me réveiller en trombe et enfiler une housse de couette. Seulement une fois la literie au sec et le lardon recouché, je suis redescendue à 5h42. Mon réveil sonne à 6h30. Était-ce bien la peine de retourner sous les draps et de vivre un deuxième réveil déchirant? Clairement, je ne pense pas.

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Mon pilou qui ne me quitte pas d’octobre à avril. Photo issue de mon second instagram dédié à la lecture

Je me suis donc collée devant un replay de Friends avec ma couverture en pilou et un bol de céréales, l’Homme toujours au bout de sa vie mais reconnaissant dans la pièce d’à coté. Mes fesses ont fêté leurs retrouvailles avec mon canapé. J’ai pu regarder deux épisodes dans le calme avant d’attaquer ma journée marathon et finalement, j’ai kiffé. Même si je me lèverais pas tous les matins à cette heure de mécréants pour profiter de 40 minutes de paix, entendons nous. Mais trêve de plaisanteries : il est déjà 21 : 03. L’heure pour moi d’aller m’endormir  sur le bifteck en comptant les jours qui nous séparent des prochaines vacances.

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Révélation

Mon Niminus, toi qui partage mes journées (et certaines de mes nuits) depuis plus de 7 ans, toi que je vois chaque jour grandir et t’épanouir comme une jolie petite fleur du printemps, toi que je pensais connaître par coeur… Mon Niminus, je viens d’avoir une révélation.

A ton sujet.

Quand j’y repense, je suis passée à côté de nombreux signes. Tout a commencé lorsque tes cheveux ont enfin commencé à pousser vers deux ans (avant, chauve comme mon genou) et qu’ils se sont d’eux-mêmes placés en une sorte de mulet bouclé. J’ai mis ça sur le compte des gènes chelous de ton père qui en ses 32 ans de vie a successivement arboré le cheveu souple, puis le cheveu long et crépu, pour terminer par le cheveu démissionnaire et la dégarnitude que nous lui connaissons actuellement. Toujours est-il que tes petites bouclettes sur la nuque, c’était déjà un signe troublant.

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Prenant des notes sur les charpentiers médiévaux à Guédelon

D’autres indices auraient pu me mettre la puce à l’oreille ces dernières années. Tu as toujours adoré visiter des châteaux, en explorer les moindres recoins, contemplant les dorures des chambres de princesses la bouche ouverte, galopant d’un pas enjoué dans les jardins fleuris, en venant même dernièrement jusqu’à te pâmer d’admiration pour les casseroles en cuivre des cuisines de Chenonceau.

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Photo authentique ©Niminus 2016, non recadrée, non modifiée

Je suis toujours étonnée de voir que tu connais si bien la famille royale britannique, et je me rappelle de ta déception lorsque je t’ai raconté la tragique histoire de la royauté française. Nous étions au château de Chambord. Alors que ton frère, alors âgé de 18 mois, visitait reloutement chaque cheminée du château, tu étais restée plantée devant un portait de Marie-Antoinette. Tu avais 5 ans et reluquais sa toilette avec admiration et envie. Tu m’as demandé où vivait le roi et la reine de France. Je t’ai dit qu’on les avait tous zigouillés. Un monde qui s’écroule.

On a peut-être un peu trop chatouillé le destin en te donnant en premier prénom celui d’une princesse, et en deuxième celui d’une reine. Même ton nom de famille est papal (je parle du mien, celui de ton père n’a rien d’exotique). Avec un bagage comme celui-là, on aurait du le voir venir.

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Selfie devant les châteaux de la Loire. Aurait-elle des ancêtres chinois?

Ma chérie. Toi qui cet été ne voulait pas aller à la montagne des singes comme tout enfant lambda mais plutôt au château du Haut Koenigsbourg. Ma belle, ce matin je t’ai surprise en train de lire un documentaire sur François 1er. Tu as trouvé le passage sur Léonard de Vinci fort intéressant. Je t’ai annoncé que nous irions peut-être voir la Joconde cet automne à Paris, et tu as poussé un petit cri jovial. Ma princesse, je ne peux pas deviner celle que tu deviendras, si tu croiras aux coïncidences ou si tu penseras que les âmes soeurs existent. Moi en tout cas je crois avoir trouvé la tienne.

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Regardez-le. Si heureux.

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Lettre ouverte à la maîtresse de mon enfant

Chère maîtresse de CP,

Je t’écris cette modeste missive parce que cette année, tu as l’honneur d’avoir parmi tes élèves mon adorable et brillant Petit Chou. En effet, comme tu es au final payée grâce à mes impôts, j’estime être en droit de te traiter comme mon employée, aussi me permettrai-je les quelques remarques suivantes.

Suite à notre furtive rencontre entre deux portes et après m’être longuement renseignée auprès de nombreux experts pédagogues (c’est à dire les autres mamans devant la grille) j’avoue avoir quelques appréhensions quant à ta capacité à effectuer la mission qui t’incombe auprès de ma Merveille cette année.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : tu me parais bien jeune, et c’est bien là tout le coeur de mon inquiétude.

Même si je pense que passé un certain âge, genre 40 ans, tous les enseignants devraient être mis au rebut avec leurs méthodes de dinosaures (comment peuvent-ils encore capter l’attention de nos Trésors avec ce flagrant gap générationnel?), je fus également très préoccupée de voir que l’enseignante de mon fils avait la trentaine. (Je m’excuse d’avance si je t’ai ajouté quelques années. Vous les instits avez toujours les traits plus ou moins tirés à la sortie de classe. Il faut croire que ça fatigue de coller des gommettes.)

Tu vois, ce qui me dérange, c’est que je me dis que tu as certainement toi aussi des enfants en bas âge. Ne tournons pas autour du pot :  vous les fonctionnaires avez l’arrêt facile. Sitôt la goutte au nez (quand c’est pas juste une grosse flemme de se bouger le lard), ça va pleurer chez son médecin qui aligne sans sourciller des semaines entières d’absence. Alors si en plus tu as l’audace de rester à la maison avec ton gamin parait-il « fiévreux », comment va faire Petit Chou qui a révisé sa dictée de mots pour aujourd’hui?

Parce qu’on le sait bien, les remplaçants ne sont qu’une légende urbaine, la faute à tous ces tires-au-flanc qui se mettent en dépression dès le 12 septembre et qui mobilisent cette maigre classe d’instits qui devaient vous sortir le cul des ronces lorsque vous n’arrivez pas à le sortir du plumard.

Tu le vois bien, l’éducation nationale peine déjà à tourner à peu près rond, alors bon, si toi en plus de tes 100 grèves par an tu commences à t’absenter à chaque fois que ton gamin chie mou, comment mon Prince va-t-il pouvoir apprendre quoi que ce soit cette année?

Le pire serait encore que tu débarques un beau matin avec le bidon fièrement tendu en avant. Je te le dis tout de suite : nous claquer un congé maternité cette année dépasserait l’entendement. Toi qui te plains toujours que les classes sont surchargées, ne viens pas empirer le problème en nous pondant un niard de plus.

Cependant, comme je ne voudrais pas passer pour un patron tyrannique, je dois bien avouer qu’en dépit de tous les problèmes sus-mentionnés, je te trouve quand même une qualité. Même si tu as des enfants et un utérus potentiellement capable de procréer, au moins tu es une femme. Manquerait plus qu’ils nous collent un homme! Avec toutes ces histoires de pédophilie dans l’éducation, c’est bientôt pire que chez les curés.

Chère maîtresse, j’espère que tu sauras appliquer ces consignes pour mener à bien les missions qui t’ont été confiées cette année.

Hostilement,

La mère d’élève.

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Le très bon Jack Koch

Cette lettre fut inspirée de propos réellement tenus dans les commentaires d’un même statut facebook lu ce jour même, alors que je me suis traînée au boulot avec fièvre et gorge en feu.

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Voilà, c’est fini.

Les sandales râpées sur les sentiers des vacances ont été portées pour la dernière fois, et le petit haut qui dévoile le nombril ne se trouve plus tout en haut de la pile. Les maillots de bain ont fait un tout dernier tour de tambour, les serviettes de plage sèchent au soleil pour la dernière fois.

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Il est 20 heures, l’histoire a déjà été lue et les enfants sont couchés. Les vêtements du grand jour ont été choisis avec soin, et pour la première fois depuis deux mois, il y a un petit point rouge au coin du réveil. On se fait un dernier gros bisous en expliquant le programme de la journée de demain, puis on se souhaite une bonne nuit, même si l’on n’a pas encore vraiment très sommeil.

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Après 2 mois à 4, chacun retrouvera demain sa propre routine d’entrée en classe, de cantine, de récrés et de sonneries. C’est toujours dur, au début. On se cherche, on se manque. Puis on s’y fait. Doucement, la page se tourne, la routine s’installe à nouveau.

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Mais ce premier jour de classe gardera une saveur spéciale. Parce qu’il y a encore quelques grains de sable au fond de nos poches et les couleurs de l’été sur nos joues  Parce que les rayons du soleil brillent encore dans les cheveux de la grande et que les aventures des vacances marquent encore les genoux du petit.

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Demain, ils retrouveront leur petit quotidien d’écolier, et moi celui d’enseignante. Il y aura encore les bisous empressés du matin et les câlins fatigués du soir, mais plus tous ceux du milieu. Ce soir, c’est le coeur lourd que je tourne la page sur notre bel été et sur nos journées paisibles, sans horaires, sans fatigue, sans impatience. Parce que je suis triste de devoir quitter mes enfants, mais que j’ai quand même un peu hâte de découvrir les vôtres.

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Toutes les photos de notre été sont à retrouver sur mon instagram!

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