Le secret des photos réussies

La semaine dernière, un ami de l’Homme est venu nous rendre visite. Comme il habite désormais à plusieurs centaines de kilomètres (les joies des mutations des fonctionnaires), nous ne l’avions plus revu depuis au moins 4 ans.

Lorsque je l’ai vu arriver avec une besace digne d’un sac à langer de primipare, je me suis demandé ce qu’il pouvait bien avoir à trimballer là dedans. N’est-ce pas là la grande joie des célibataires que de voyager léger? J’eus bien vite ma réponse :

  • (lui) Tiens, Cindy, tu fais toujours de la photo?
  • (moi, confuse) Euh… Je fais toujours DES photos, oui. Principalement des gosses. J’ai toujours le même réflex qu’il y a 4 ans.
  • (lui, enthousiaste) Justement, je t’ai apporté mes nouveaux objectifs pour que tu puisses essayer!

Comme je rêve d’en commander un nouveau depuis un moment pour Noël mais qu’à chaque fois j’opte finalement pour une bonne vieille carte cadeau Séphora, je profite de la sieste du lardon pour chopper un objectif, mon Niminus, et partir faire des essais dans le jardin. Le Niminus est fan des séances photo, elle adore prendre des poses de dinde (on se demande de qui elle tient) surtout lorsqu’elle a une belle robe qui tourne et même si elle n’a plus de dents.

Ayant pris un peu d’assurance, j’ose ensuite monter fébrilement un objectif à près de mille boules sur mon petit boitier. Je m’apprête à shooter (figurativement) le Niminus avec ce matos de paparazzi lorsque je me retourne et aperçois ce lardon gaupé comme l’as de pique sur le pas de la porte.

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Et c’est à ce moment là que je me suis dit que je n’avais vraiment pas besoin de claquer un salaire pour immortaliser des moments comme celui-ci.

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Jamais deux sans trois.

Il y a des signes qui ne trompent pas. J’ai essayé de ne pas y penser, je me suis dit qu’il ne fallait pas se monter la tête. Je ne voulais pas y croire, mais il fallait que je me rende à l’évidence. C’est la troisième fois, après tout, et j’en avais bien reconnu les symptômes typiques des débuts. Ces petits maux, cette grande fatigue.

Ce matin, j’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et d’aller chez le médecin pour en avoir la confirmation, et pour entamer les démarches nécessaires.

Après une longue heure à patienter dans la salle d’attente avec pour seule distraction de mauvais magazines féminins, ce fut enfin mon tour. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais j’adore mon médecin. Elle est chaleureuse et drôle. Elle sait mettre les gens à l’aise. Alors je lui ai parlé de mes craintes sans retenue, et elle a su m’écouter. Elle m’a examinée, m’a notamment trouvé une tension très basse (rien d’étonnant, dans mon état). Puis elle m’a proposé de faire un test bandelette pour vraiment en avoir la certitude.

Nous avons attendu toutes les deux que le test réagisse au prélèvement. Et il n’a pas fallu très longtemps pour voir les deux lignes roses apparaitre.

« Ah oui, il y a bien les deux lignes », m’a-t-elle dit sur un ton désolé et compatissant.

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Niminus d’amour

Même si au fond de moi je le savais, en avoir la confirmation m’a fichu un coup. Je sais qu’on ne choisit jamais quand ça nous arrive, mais là, ce n’est vraiment pas le bon moment.

J’ai annoncé la nouvelle à l’Homme en rentrant, il m’a prise dans ses bras pour me consoler. Comme toujours dans les coups durs, il s’est montré fort et rassurant. Il m’a dit que ça allait aller, et je sais bien qu’il a raison. Mais quand même, avoir une angine blanche et se taper 6 jours d’antibios la veille d’un weekend entre copines, c’est quand même pas cool.

 

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Les nuits paisibles d’un lardon en vacances

Le lardon est téméraire. Le lardon est aventurier. Le lardon est brave. Il a l’étoffe du héros : pour lui, rien n’est impossible. Sauf poser son cul dans son lit, fermer les yeux et dormir. Son oreiller est sa kryptonite.

Peu importe le niveau de fatigue ou le nombre de kilomètres parcourus dans la journée, mon fils est incapable de rester dans son lit quand on l’y couche. Et ce n’est pas différent en vacances. Bien au contraire.

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L’instant de grâce

Comme nous devions traverser la France pour rejoindre la Bretagne, nous avons fait escale dans un charmant petit BnB au centre du pays. Nous y avions une chambre à 4, et laisse moi te dire que pour la première nuit des vacances, le lardon a grave kiffé la chambre à 4. Moi, moins. D’une part parce que c’est relou de devoir éteindre les lumières à 21h pour que les rejetons s’endorment. Et d’autre part, parce que mon lardon a mené un tintamarre incroyable en empêchant tout le monde ou presque de dormir jusqu’à 23h. Ca valait bien le coup de passer 2 heures dans le noir comme des cons. L’Homme s’est pourtant endormi assez vite – il ne vaut pas bien de la monnaie le soir venu. Le Niminus a suivi une fois le calme à peu près respecté par son frère. Mais moi, je savais que ce petit salopard ne dormait pas, alors je ne pouvais pas fermer l’oeil. Et Bon Dieu que j’ai bien fait, puisque je l’ai surpris en train de se relever discrétos et… de se barrer de la chambre d’hôte!

Des débuts en fanfare, donc.

Nous sommes ensuite arrivés en mobil home, où, comme l’an dernier, nous avions opté pour la technique endormissement du Niminus dans notre lit pour que son frère la laisse tranquille. Il faut dire que ma fille est la recordwoman de l’endormissement. Le temps de faire chauffer de l’eau pour mon pisse-mémé nocturne et elle fait déjà l’étoile de mer en ronflant sur la couette. Son frère par contre était en train de faire trembler les murs à l’autre bout de l’habitation (donc concrètement 5 mètres plus loin). Le premier soir, j’ai cru le passer par la fenêtre en découvrant que comme rituel d’endormissement, il avait trouvé bon de déplier absolument tous les vêtements posés sur les étagères et d’en recouvrir les deux lits. J’ai encore moins rigolé le deuxième soir : pris d’une petite chiasse nocturne, il n’a pas eu le temps de rejoindre la cuvette avant de détendre ses sphincters et nous a semé de la fiente molle partout. C’est à ce moment là que nous avons découvert que le chauffe-eau était en panne, évidemment. Mais se faire laver la raie à l’eau froide l’a étonnement fait rire. Il faut croire qu’avec lui, toutes les excuses sont vraiment bonnes pour sortir du lit.

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Randonnons en rang d’oignons

Le troisième soir n’était pas de tout repos non plus : ayant beaucoup marché sur l’île aux Moines, le pauvre chouchou s’est réveillé deux fois avec des douleurs au pied, peut-être des crampes. Je sais à quel point cela peut être douloureux, donc je me suis extirpée du lit prestement (ce qui pour moi relève de l’exploit) pour aller le réconforter et lui faire un massage. Seulement, à moitié dans le gaz et certainement pris par la douleur, il ne m’a pas reconnue et m’a regardée comme si j’étais la sorcière de la Belle au Bois Dormant (qu’il a en horreur). Il s’est mis à hurler comme un écorché et à me donner des grands coups de doudou dans la tronche, refusant que je l’approche. Il a fallu que j’allume la lumière (dans la tronche de sa soeur qui, malgré les cris et la lumière, ne s’est pas réveillée) pour qu’il s’aperçoive que cette créature grimaçante à la chevelure démoniaque et aux petits yeux froissés était bel et bien sa mère et qu’il me laisse l’approcher. Je lui ai donné les deux fois des granules d’Arnica, et je lui en ai aussi donné au coucher les soirs suivants en prévention. Petite astuce, si jamais.

Vous vous doutez bien qu’à force d’être le dernier couché et le premier levé (j’ai la grande chance d’avoir un lardon qui est à la fois du soir et du matin), il y avait des moments dans la journée où il était un peu cuit, notamment lorsque ces journées comprenaient de longs temps de marche. Aussi, dès que nous reprenions la voiture, il entrait dans un état semi-comateux au bout de quelques mètres : tête révulsée, bouche grande ouverte et yeux encore un peu ouverts, je vous avoue l’avoir un peu secoué une fois ou deux pour m’assurer qu’il était bien encore en vie. Il s’est également endormi parfaitement assis dans le petit train sillonnant Quiberon, pour le plus grand régal de sa soeur qui, elle, sait tirer parti de la présence d’un lit pour se reposer.

Je vous avoue également avoir une fois profité de ses endormissement impromptus pour lui mettre un slip Planes sur la tête et le prendre en photo. Il faut bien que je me venge un petit peu pour ses excentricités nocturnes, non?

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Je vous invite à lire ou à relire l’article de nos vacances de l’an dernier, où la gastro avait touché un autre membre de la famille :

La vraie histoire des enfants en mobil home

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Papa fait la dinde (cuite à la vapeur)

Nous avions reçu un super cadeau à Noël : un bon pour un soin relaxant duo au hammam du coin, garde des lardons incluse. Cela aurait peut-être été plus judicieux d’y aller en plein hiver, lorsqu’il fait bien froid dehors. Mais ne nous fourvoyons pas : nous sommes en juillet, oui, mais nous sommes aussi francs comtois. Et laissez moi vous dire qu’en ce 22 juillet, les températures étaient loin d’être caniculaires, ou même estivales.

L’Homme était ravi à l’idée de ce moment à deux. Ravi de passer un moment avec moi, ou ravi de passer un moment sans les lardons, ça, je ne sais pas. Mais il était jovial, je l’ai vu tout de suite quand je suis sortie de la cabine après avoir enfilé mon maillot et que je l’ai choppé en train de prendre des poses de judoka dans son petit peignoir nid-d’abeilles.

Nous avons commencé par le jacuzzi. Il m’a avoué se croire dans L’Amour Est Dans le Pré, où de nombreux candidats invitent en effet leurs prétendantes à mijoter dans ces eaux bouillonnantes que j’espère toujours bien traitées. Pour tout vous dire, j’ai toujours un peu peur de ramener une mycose en cadeau souvenir, avec ces trucs là. Mais l’Homme était tout content de barboter dans les bulles en regardant son caleçon de bain se remplir d’air. Il ne lui en faut pas plus.

Après la pose du fameux savon noir qui te fait glisser comme un vilain petit poisson tout visqueux, nous sommes  passés au hammam, et c’est là que l’affaire s’est un peu corsée. Alors que je suis un éternel cul-gelé (ma devise, c’est jamais-sans-ma-polaire), lui supporte assez mal la chaleur. J’en fais l’expérience tous les étés en le regardant, impuissante, se tourner et se retourner dans le plumard comme une baleine échouée qui suffoquerait sur un sable brûlant.

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The Chan-Chan-man

Pendant qu’il cherchait la première d’une longue liste de positions improbables, je suis allée m’allonger sur un banc pour profiter de ces chaudes vapeurs d’eucalyptus, en essayant de ne pas penser au fait que les occupants précédents avaient certainement posé leurs raies suantes là où je posais à présent ma délicate chevelure. C’est le problème, avec les hammams. Je me demande toujours si l’eau qui ruisselle sur les murs est de la condensation… ou la sueur de mes voisins.

Au bout d’environ trente secondes, l’Homme a changé de position en soufflant.

Au bout de deux minutes, il a déclaré pour la première fois qu’il allait crever.

Au bout de cinq, n’y tenant plus, il est sorti, puis est revenu. Puis il est sorti. Et revenu.

Au bout de dix, à force de gesticuler, il s’est mis du savon noir dans l’oeil.

Bref, un sympathique moment de relaxation.

Heureusement, on est venu nous chercher pour le gommage et le massage que j’attendais tant. Je vous avoue que lorsque je me suis allongée sur la table en marbre et que j’ai entendu l’Homme questionner l’esthéticienne sur la structure interne de la table permettant de la maintenir à une température convenable, j’ai un peu serré les dents, me demandant s’il allait parler plomberie tout du long. Mais Dieu merci il se l’est vite coincée et nous avons pu passer un moment fort agréable à se faire enduire le corps d’huile parfumée. Il m’avouera plus tard s’être assoupi à ce moment là, d’où peut-être la raison bénite de son silence.

Nous avons terminé notre séance par un petit thé à la menthe, et je ne suis pas peu fière de vous annoncer que je suis ensuite sortie de l’institut au bras soyeux et huilé d’un homme sentant bon la fleur orientale.

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Des coccinelles aux pieds

J’ai vu passer ce petit nail art au hasard de mes pérégrinations sur les réseaux sociaux et j’ai trouvé ça adorable – et à ma portée. Il fallait que j’essaie!

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Alors cet après-midi j’ai choppé mon Niminus, je l’ai assise sur l’îlot de la cuisine, posant ses pieds sur le tabouret et mon derrière sur une chaise traditionnelle : notre salon de pédicure de fortune était né!

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J’ai passé une couche de vernis rouge (à paillettes, parce qu’on ne se refuse rien) et avec du vernis noir et blanc et les minuscules pinceaux que l’Homme utilise pour peindre ses figurines, j’ai dessiné les détails. Tout n’est pas parfait, évidemment. Mais sur des minis ongles de pieds, ça en jette tout de même énormément!

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Puis ensuite, j’ai fait ma mère paparazzi en lui proposant une petite séance photo dans le jardin, exercice auquel elle se plie presque toujours avec bonne humeur. Voici quelques uns de nos clichés, et une idée mignonne à piquer pour vos petites dindes en herbe!

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La jovialité matinale des derniers jours de juin.

Les matins d’école (et de boulot) ont toujours été passablement lourdingues, avec des petits dej’ à expédier, des lardons à secouer, mille couches de fringues à enfiler, des cils à mascarer et tout le tsoin tsoin. La liste est longue, mais je pense que c’est la même chose chez toi, alors bon, tu sais.

Parfois il y a des mieux. Parfois il y a des bas. Et parfois il y a des très, très bas.

C’est le cas chez moi en ce moment.

La fin de l’année est… dure, chez nous. Il faut dire que des lardons fatigués (et donc survoltés) et des parents fatigués (et donc au radar), ce n’est généralement pas la recette du succès. Et quand on sait qu’alors que je n’arrive pas à m’extirper de sous la couette, eux sont déjà en train de danser le Gangnam Style à la cuisine, forcément, ça démarre mal.

Encouragés par leur père qui, pour mon grand malheur, est lui aussi matinal, ils ont pris le pli de me chanter « ah ah tiens voilà quelqu’un… petit ours brun! » quand ils me voient émerger de ma tanière en biglant, le cheveu totalement hors de contrôle. Je vous le concède : j’arrive à voir la ressemblance.

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Chez l’enfant fatigué, un phénomène très étrange se produit : au lieu de fonctionner lui aussi au ralenti, il va partir dans tous les sens et s’éparpiller en une foultitude de petites conneries fort agaçantes. En gros : il va user d’ingéniosité pour te faire péter les plombs.

Genre râper son biscuit sur le bord de la table pour faire de la neige, insister pour manger son petit dej accroupi sur la chaise, et donc se casser la gueule puis spasmer de douleur et te recrachant des céréales pré-mâchées dans ton bol. Laissez moi vous dire que face à tant d’ébranlements inutiles de grand matin, j’ai bien du mal à compatir.

Et surtout, tout le repas durant, il ne va pas se la coincer une seconde. Et te chanter les mêmes chansons en boucle pendant une heure, des semaines durant. Et si tu as de la super chance, il va également inventer une parodie de la dite chanson à base de pipi caca pue des fesses et compagnie.

Le fait que l’Homme ricane à ces élans poétiques n’aide en rien.

Mais le pire est à venir. Le pire vient au moment où tu laisses le lardon gérer son propre habillage pendant que tu te fardes la paupière.

Il va commencer par venir sauter sur ton lit le zgeg au vent, se faire un string avec son slip Spiderman enfilé par le trou de la cuisse, enfiler son T-shirt de travers façon cagoule et rester coincé dedans, les 2 bars en l’air et l’air parfaitement niais.

Il y a deux mois, il s’habillait parfaitement seul. Aujourd’hui, j’ai l’impression de lui demander d’envoyer un satellite en orbite.

(C’est lui que j’ai bien envie d’envoyer en orbite)

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Voilà, c’est ça.

Et ne parlons pas des godasses. Je suis presque contente de cette pluie incessante qui nous donne au moins la bonne excuse de mettre les bottes de pluie. Ca m’évite de le voir enfiler son pied mou tout désarticulé dans la mauvaise basket en regardant le plafond et en déclarant que de toutes façons, c’est trop dur (satellite en orbite bis).

Et ne croyez pas que j’exagère, parce qu’ils montent crescendo dans la créativité.

Ce matin même, alors que j’enfilais mon collant avec grâce et souplesse, ce petit salopard avait décidé de se servir un verre de jus d’orange. A la salle de bain. Dans son verre à dent. De manière tout à fait branlante.

Autant vous dire qu’essuyer du jus d’orange sous le meuble de ma salle de bain en collant ne faisait pas partie de mon programme du matin. Et autant vous dire qu’y trouver une mèche de cheveux suspecte n’a rien fait pour arranger mon humeur de petit ours brun.

Parce qu’attendez, oui, il y a pire : le Niminus a tout bonnement décidé de se relooker la chevelure en se faisant un petit dégradé maison.

Vivement demain matin, quoi.

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Harambe, ça aurait pu être moi tu sais

J’ai été très émue par ce triste fait divers qui indigne les foules outre atlantique, par ce petit garçon de 3 ans qui échappe à la vigilance de sa maman et tombe de 5 mètres dans la fosse des gorilles, se retrouvant nez-à-nez avec Harambe, jeune mâle de 17 ans. Emue, dans un premier temps, par la décision du zoo d’abattre ce bel animal prisonnier, ce bel animal qui n’avait rien demandé.

En lisant les premiers gros titres,  ma première réaction je l’avoue fut de m’indigner contre ces parents qui avaient  laissé tomber leur enfant directement dans la cage des gorilles en le soulevant par dessus la barrière. Je crois que quand un évènement tragique se produit, on cherche toujours à mettre la faute sur le dos de quelqu’un. A trouver un coupable à condamner.

Puis en creusant un peu l’histoire, j’ai découvert que le gamin s’était en fait glissé en dessous de la barrière – et qu’il s’était donc retrouvé dans la fosse tout seul. Et là, ça m’a interpelée une seconde. Parce cette fois, non, je ne pouvais plus mettre la faute sur le dos de la mère. Parce que pour perdre soudainement son enfant de vue, il suffit d’une seconde. D’un battement de cils, d’un détournement du regard et l’accident est arrivé.

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C’est comme l’enfant qui court dans l’allée du supermarché et qui disparait au détour d’un rayon. Celui qui soudain lâche la main de sa mère sur un parking et qui manque de se faire renverser. Celui qui profite du fait que maman soit en train de moucher sa petite soeur pour aller dans un endroit défendu. Celui que l’on croit être avec son papa, et vice-versa. Toutes ces situations, je les ai vécues de près ou de loin. Et je suis sûre que vous aussi. C’est un peu comme tous ces bébés qui tombent du canapé ou de leur plan à langer. On pense avoir la situation sous contrôle. Et puis en fait, non.

Quelques secondes d’inattention, il n’en a pas fallu davantage pour que ce petit garçon  se retrouve dans la fosse. Quelques secondes, juste le temps de refaire son lacet ou de remettre sa casquette au petit frère. En quelques secondes, l’accident est arrivé. En quelques secondes, ce petit garçon n’était plus là. Et ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que ce petit garçon là aurait tout à fait pu être le mien.

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Depuis hier, je lis toutes sortes de commentaires acerbes d’internautes qui se pensent experts en tout : en pédopsychologie, en parentalité, en gorille à dos argenté. Blâmant le zoo pour avoir pris la décision d’abattre le gorille ou pour l’insécurité de ses installations, mais blâmant surtout la mère de l’enfant pour sa négligence.

« Mais quelle pétasse, elle pouvait pas le surveiller son gosse? Elle avait certainement le nez dans son smartphone! »

« Les personnes qui ne sont pas capables de surveiller leurs enfants ne méritent même pas d’être mère! »

Alors oui, j’ai été très touchée par la mort d’Harambe, si majestueux, au regard si expressif. Vous le savez, la cause animale est un sujet auquel je suis très sensible. Pour vous dire, tout à l’heure j’ai écrasé un escargot dans ma cour en reculant la voiture et je lui ai demandé pardon en découvrant sa petite carcasse toute écrabouillée. Je m’indigne des corridas, je suis végétarienne depuis 16 ans.

Je ne sais pas si le gorille aurait fait du mal à l’enfant. Je ne sais pas non plus si une fléchette tranquillisante l’aurait rendu plus agressif. Mais je suis une mère, et une chose est sûre,  si cet enfant avait été le mien, pris au piège dans cet enclos avec un animal sauvage qui en quelques secondes pouvait lui réduire les os en poussière, j’aurais appuyé sur la gâchette moi-même. Et ne me dites pas que vous n’en auriez pas fait autant.

J’en aurais été malade et cela m’aurait hanté toute ma vie, sans aucun doute. Mais le fait est que personne ne peut prévoir les gestes d’un animal en captivité, d’un animal de 200 kilos certainement affecté par les cris de la foule et de l’enfant, d’un animal qui d’un seul geste volontaire ou non peut porter un coup fatal à un petit bonhomme de 18 kilos.

Et ce qui me choque énormément, c’est l’intransigeance avec laquelle tout le monde montre cette mère d’un doigt accusateur. Encore une fois. Mais est-ce que quelqu’un s’est posé une seconde la question de son état psychologique actuel, à cette maman? Cette mère qui, à cause d’un instant d’inattention, a failli voir mourir son enfant sous ses yeux, traîné par le pied sur dix mètres par un gorille après une chute de 5 mètres? Cette maman impuissante qui ne peut rien faire d’autre que de hurler « I love you, mommy loves you baby! » à son petit garçon en se disant que c’est peut-être les dernières paroles qu’il entendra? Cette maman qui a désormais les services sociaux à sa porte, et dont des milliers d’inconnus lui souhaitent le pire?

Harambe fut peut-être la victime d’une erreur de jugement de la part du personnel du zoo, ou d’un instant d’inattention de cette maman ordinaire. Peut-être aussi fut-il la victime de ce système écœurant qui consiste à faire payer les gens comme vous et moi pour aller voir des animaux sauvages derrière des barreaux, je ne sais pas, et là n’est pas la question. Harambe est mort, et ni vous ni moi n’y pouvons plus rien.

Par contre, ce que nous pouvons tous faire, c’est montrer un peu d’indulgence à la faillibilité humaine, et nous mettre deux secondes à la place de cette maman qui, parce qu’elle a détourné le regard pendant quelques instants, va peut-être se voir retirer la garde de ses enfants…

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Mummy forever

Cette journée de la fête des mères, je l’attendais depuis des jours. Depuis que le Niminus est rentrée de l’école en me donnant des indices sur le cadeau préparé. Depuis que l’Homme a reçu un colis d’Angleterre en me disant d’un air peu convaincant « non c’est rien, c’est pour l’école ». Depuis que le lardon a filé un soir cacher un paquet emballé à la cave en me disant « tu regardes pas hein! ».

Je savais que cette journée allait être spéciale. Pourtant, elle n’a pas super bien commencé, puisque j’ai été réveillée par la douce ritournelle du lardon assis sur le chiotte qui demande d’une voix toute guillerette que l’on vienne le torcher prestement.

Je me suis exécutée, en lui disant d’un ton badin (alors que vous savez bien que je ne suis pas d’ordinaire du genre à badiner au saut du lit) « mais non, tu n’as pas compris, pour la fête des mamans c’est un cadeau qu’il faut offrir, pas un caca! ». Le lardon n’ayant bien entendu aucun second degré, il m’a assuré de tout son sérieux que le vrai cadeau m’attendait sur mon lit. Ah bon, ouf!

Je suis donc allée me recoucher, et j’ai découvert des cartes, des bricolages, des perles, des dessins. Le Niminus en chemise de nuit et le torse bombé m’a fièrement déclamé sa poésie, et son frère m’a fait la surprise de faire de même. J’ai versé ma larmichette, tu penses. L’Homme m’a offert un débardeur de badass avec un squelette dessus. Le lardon s’est exclamé « Oh! C’est un Colette! », ce qui m’a fait mourir de rire étant donné que Colette est la petite mamie du périscolaire.

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Je vous présente donc Colette of Anarchy

Bref, j’ai été pourrie-gâtée. Mais ce qui m’a au final le plus touchée était un moment qui n’avait pas été orchestré. Cet après-midi, je me suis endormie sur le canapé pendant la sieste du lardon. D’habitude, j’ai le Niminus pendue aux baskets à ce moment là : jeux, bricolages, cuisine… Quoi que je fasse, elle veut être de la partie. Je lui chante d’ailleurs souvent du Sheila dans ces moments là, je te suivrai, où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre… Évidemment elle ne saisit pas la référence. Mais aujourd’hui je n’avais vraiment pas le courage de faire la monitrice de colo, alors je lui ai proposé de regarder un épisode de C’est Pas Sorcier pendant lequel je me suis lamentablement endormie. J’ai vaguement entendu l’Homme éteindre la télé, puis plus rien.

Quand je me suis réveillée une heure plus tard, j’ai senti une petite boule toute chaude derrière mes genoux, puis j’ai entendu une respiration profonde. C’était mon Niminus qui s’était endormie là en position fœtale, la tête collée… sous mes fesses.

J’avoue que parfois, ne pas pouvoir faire un pas sans être suivie par une ombre en forme de Niminus peut être un peu usant. Mais là, de voir qu’elle était venue se coucher vers moi et qu’elle s’était endormie toute blottie derrière mes genoux, ça m’a fait vraiment tout chaud à mon petit coeur de maman. Je me suis rendue compte qu’elle ne me suivait pas forcément à la trace parce qu’elle n’avait rien d’autre à faire de plus intéressant, mais parce qu’elle avait l’envie, si ce n’est le besoin, de passer du temps avec moi. Même quand je dors.

Et j’ai trouvé ça adorable.

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Envolée

Oui, je sais, ça fait un bail, cette fois. Un peu plus de 8 ans. Tu te souviens de la dernière fois que tu m’as vue? J’étais jeune, et si naïve. Optimiste. Je croyais que ça allait aller. Que ce n’était pas si grave, juste une mauvaise passe, un obstacle sur une route que je pensais encore longue.

Je suis passée te voir avant de rentrer, mais je ne voulais pas m’attarder trop longtemps car j’avais encore pas mal de route avant de rentrer à la maison. C’était un vendredi soir, et je venais de finir ma semaine de travail.. C’était ma première année dans la vie active, j’avais 23 ans, et je croyais savoir ce que c’était, la fatigue.

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C’était le mois de mai, et je me souviens de la luminosité particulière de cette jolie fin de journée ensoleillée quand je suis entrée dans ta chambre. Comme souvent, j’ai enlevé mes talons et je me suis allongée à coté de toi en fouillant dans tes tiroirs pour te piquer tes oeufs de Pâques. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais je t’avais fait un gâteau au chocolat en forme de coeur cette semaine là. Je n’y connaissais encore pas grand chose en cuisine à ce moment là, alors j’étais plutôt fière de moi.

Ce jour là, tes cheveux étaient emmêlés et ça m’agaçait. Ca m’a toujours fâchée que tu ne prennes pas soin de toi. Alors, comme bien souvent, je te l’ai reproché, et je me suis mise à chercher une brosse en soupirant. Je dis souvent que mes souvenirs de cette époque ne sont plus très clairs, mais ce n’est pas vrai. Cet après-midi là, je m’en souviens comme si c’était hier. En particulier du moment où j’ai passé le peigne dans tes cheveux. De cette mèche qui y est restée coincée, et des suivantes, aussi fragiles et délicates que ces graines de pissenlit qui se détachent et s’envolent au moindre coup de vent. Je n’ai pas réalisé de suite ce qu’il venait de se passer. Pourquoi soudain tes cheveux étaient-ils dans mes mains?

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Puis j’ai compris. Et j’ai réalisé que c’était pour de vrai. Je crois avoir eu un moment de panique, mais toi, tu n’as pas eu l’air de réagir. Tu m’as simplement souri. Parce que toi, tu le savais déjà depuis un moment, que tu étais en train de t’envoler.

Et pourtant en fermant la porte de ta chambre d’hôpital ce jour là je n’ai rien dit. J’ai pensé « Mais prends-là dans tes bras, bordel! Dis lui que tu l’aimes!« . Au lieu de cela, je t’ai juste dit d’un ton enjoué « A lundi! » Et j’ai fermé la porte.

Je pense que j’y croyais, malgré tout. Que j’allais te revoir la semaine suivante. Sans tes cheveux, peut-être, mais toujours avec ton sourire. Je pensais venir encore m’allonger près de toi en mangeant tes oeufs de Pâques, en corrigeant des copies, en te racontant ma journée. Puis rentrer à la maison, cette maison où j’ai grandi avec toi, et où je vivais sans toi depuis quelques mois. Cette maison que finalement, tu ne reverrais pas. Je ne pensais pas que la semaine suivante, tu ne serais pas dans le même hôpital, et surtout pas au même étage. Je ne pensais pas te retrouver dans cette pièce où il fait si froid, où la lumière n’entre pas. Je ne pensais pas devoir me présenter dans une mairie inconnue en déclarant « C’est pour le certificat de décès de ma maman. »

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J’ai bien changé depuis la dernière fois que tu m’as vue. Maintenant, c’est moi, la maman. Celle qui sacrifie ses oeufs de Pâques et qui cache ses peurs sous des sourires. Celle qui serre très fort ses enfants tous les soirs en leur disant qu’elle les aime, car elle regrette de ne pas toujours avoir eu ce réflexe avec ceux qui comptent. Celle qui, 8 ans plus tard, pense toujours à toi en faisant ce gâteau au chocolat.

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Pour Hugo

Lorsque je suis tombée enceinte de ma fille, j’ai eu l’impression de m’embarquer dans une aventure extraordinaire. Des premiers symptômes aux premiers petits coups, tout était nouveau, et parfois un peu effrayant. Alors j’ai eu envie de partager cela avec d’autres futures mamans qui vivaient elle aussi toutes ces choses là en même temps que moi. Et c’est ainsi que d’un clic à l’autre je me suis retrouvée sur un forum de grossesse. Pendant 9 mois, ces filles et moi avons tout partagé : nos angoisses, nos nausées, les comptes rendus de nos échographies. Nous nous donnions des conseils, partagions nos craintes, nos doutes. Puis enfin, les premières naissances sont arrivées. Il y eut d’abord Anna et Pauline les jumelles, puis Maureen, Noé, et une soixantaine d’autres petits bébés, tous en pleine santé. Tous, sauf un.

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Le 5 avril 2009, Ariane est partie accoucher à son tour de son premier enfant. Le travail était long, et son petit Hugo fatiguait. Son petit coeur avait de plus en plus de mal à remonter la pente après les contractions. Elle a été transporté au bloc pour une césarienne, mais il était déjà trop tard. Le cerveau de son petit Hugo avait manqué d’oxygène pendant longtemps, trop longtemps. Il a été transféré d’urgence en réanimation pédiatrique à 80km de sa maman qui était dans sa chambre de maternité à côté d’un petit berceau vide, n’ayant que ces quelques photos de son bébé branché de tous les côtés à contempler. Plus tard, lorsqu’elle put enfin rencontrer son fils, les médecins n’avaient pas de bonnes nouvelles pour cette jeune maman: ils lui ont annoncé que son bébé aurait des séquelles, mais dont ils ne connaissaient pas encore l’étendue. Hugo pourrait-t-il s’alimenter? Marcher, parler? Seul le temps nous le dirait.

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Les premières photos d’Hugo

Je me souviens des mois suivant la naissance d’Hugo, de son retour à la maison après deux mois d’hospitalisation, des journées difficiles avec ce nouveau né qui peine à prendre du poids, et les rendez-vous qui s’enchaînent pour sa maman qui a pris un congé parental pour pouvoir le conduire chez les spécialistes, chez la psychomotricienne, chez l’orthophoniste, pendant que son papa lui aussi sillonne les routes pour pouvoir joindre les deux bouts. J’ai été témoin de tout cela en temps réel, par écran interposé. Témoin du combat d’une maman pour donner toutes les chances à son enfant, d’une maman qui n’a jamais baissé les bras.

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Première rencontre d’Hugo avec sa maman

Les années ont passé et Hugo a aujourd’hui 7 ans. Il passe sa semaine dans un centre spécialisé qui s’occupe très bien de lui et rentre voir sa famille le weekend avec beaucoup de bonheur. C’est un petit garçon au caractère bien affirmé. Il adore se promener, et regarder des clips à la télé. Il a fait beaucoup de progrès ces dernières années, même s’il ne parle pas, ne marche pas. Même s’il est alimenté par gastrostomie. Il a traversé de nouvelles épreuves comme un champion, des hospitalisations, et une lourde opération des hanches l’an dernier suite à laquelle il a été alité des semaines durant sans pouvoir rentrer chez lui. Mais il a tenu le coup. C’est un petit warrior, Hugo, et sa famille aussi.

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Hugo lors de son opération des hanches. 6 semaines de plâtre.

Seulement voilà, Hugo grandit et les trajets en voiture deviennent compliqué. Il ne peut plus être installé dans un siège auto classique. Les déplacements doivent se faire en véhicule adapté aux personnes à mobilité réduite, une voiture qui pourrait contenir son fauteuil de manière sécurisée. Comme vous vous en doutez, ce genre de véhicule coûte cher. C’est pourquoi Ariane a créé cette semaine une cagnotte Leetchi. Pour pouvoir aller voir sa famille, ou partir en vacances avec son fils. Pour pouvoir lui faire profiter de toutes ces petites choses qui ponctuent notre quotidien et auxquelles on ne réfléchit pas à deux fois. Pour pouvoir continuer à promener son petit garçon, tout simplement.

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Hugo à Noël dernier

Les bonnes fées d’Hugo ont un peu trop tardé à se pencher sur le berceau d’Hugo il y a 7 ans, mais aujourd’hui, peut-être pourriez vous donner un petit coup de pouce à cette jolie et courageuse famille? Chaque euros compte!

Cagnotte pour Hugo

Toutes les photos sont la propriété d’Ariane P.

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