Révélation

Mon Niminus, toi qui partage mes journées (et certaines de mes nuits) depuis plus de 7 ans, toi que je vois chaque jour grandir et t’épanouir comme une jolie petite fleur du printemps, toi que je pensais connaître par coeur… Mon Niminus, je viens d’avoir une révélation.

A ton sujet.

Quand j’y repense, je suis passée à côté de nombreux signes. Tout a commencé lorsque tes cheveux ont enfin commencé à pousser vers deux ans (avant, chauve comme mon genou) et qu’ils se sont d’eux-mêmes placés en une sorte de mulet bouclé. J’ai mis ça sur le compte des gènes chelous de ton père qui en ses 32 ans de vie a successivement arboré le cheveu souple, puis le cheveu long et crépu, pour terminer par le cheveu démissionnaire et la dégarnitude que nous lui connaissons actuellement. Toujours est-il que tes petites bouclettes sur la nuque, c’était déjà un signe troublant.

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Prenant des notes sur les charpentiers médiévaux à Guédelon

D’autres indices auraient pu me mettre la puce à l’oreille ces dernières années. Tu as toujours adoré visiter des châteaux, en explorer les moindres recoins, contemplant les dorures des chambres de princesses la bouche ouverte, galopant d’un pas enjoué dans les jardins fleuris, en venant même dernièrement jusqu’à te pâmer d’admiration pour les casseroles en cuivre des cuisines de Chenonceau.

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Photo authentique ©Niminus 2016, non recadrée, non modifiée

Je suis toujours étonnée de voir que tu connais si bien la famille royale britannique, et je me rappelle de ta déception lorsque je t’ai raconté la tragique histoire de la royauté française. Nous étions au château de Chambord. Alors que ton frère, alors âgé de 18 mois, visitait reloutement chaque cheminée du château, tu étais restée plantée devant un portait de Marie-Antoinette. Tu avais 5 ans et reluquais sa toilette avec admiration et envie. Tu m’as demandé où vivait le roi et la reine de France. Je t’ai dit qu’on les avait tous zigouillés. Un monde qui s’écroule.

On a peut-être un peu trop chatouillé le destin en te donnant en premier prénom celui d’une princesse, et en deuxième celui d’une reine. Même ton nom de famille est papal (je parle du mien, celui de ton père n’a rien d’exotique). Avec un bagage comme celui-là, on aurait du le voir venir.

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Selfie devant les châteaux de la Loire. Aurait-elle des ancêtres chinois?

Ma chérie. Toi qui cet été ne voulait pas aller à la montagne des singes comme tout enfant lambda mais plutôt au château du Haut Koenigsbourg. Ma belle, ce matin je t’ai surprise en train de lire un documentaire sur François 1er. Tu as trouvé le passage sur Léonard de Vinci fort intéressant. Je t’ai annoncé que nous irions peut-être voir la Joconde cet automne à Paris, et tu as poussé un petit cri jovial. Ma princesse, je ne peux pas deviner celle que tu deviendras, si tu croiras aux coïncidences ou si tu penseras que les âmes soeurs existent. Moi en tout cas je crois avoir trouvé la tienne.

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Regardez-le. Si heureux.

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Lettre ouverte à la maîtresse de mon enfant

Chère maîtresse de CP,

Je t’écris cette modeste missive parce que cette année, tu as l’honneur d’avoir parmi tes élèves mon adorable et brillant Petit Chou. En effet, comme tu es au final payée grâce à mes impôts, j’estime être en droit de te traiter comme mon employée, aussi me permettrai-je les quelques remarques suivantes.

Suite à notre furtive rencontre entre deux portes et après m’être longuement renseignée auprès de nombreux experts pédagogues (c’est à dire les autres mamans devant la grille) j’avoue avoir quelques appréhensions quant à ta capacité à effectuer la mission qui t’incombe auprès de ma Merveille cette année.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : tu me parais bien jeune, et c’est bien là tout le coeur de mon inquiétude.

Même si je pense que passé un certain âge, genre 40 ans, tous les enseignants devraient être mis au rebut avec leurs méthodes de dinosaures (comment peuvent-ils encore capter l’attention de nos Trésors avec ce flagrant gap générationnel?), je fus également très préoccupée de voir que l’enseignante de mon fils avait la trentaine. (Je m’excuse d’avance si je t’ai ajouté quelques années. Vous les instits avez toujours les traits plus ou moins tirés à la sortie de classe. Il faut croire que ça fatigue de coller des gommettes.)

Tu vois, ce qui me dérange, c’est que je me dis que tu as certainement toi aussi des enfants en bas âge. Ne tournons pas autour du pot :  vous les fonctionnaires avez l’arrêt facile. Sitôt la goutte au nez (quand c’est pas juste une grosse flemme de se bouger le lard), ça va pleurer chez son médecin qui aligne sans sourciller des semaines entières d’absence. Alors si en plus tu as l’audace de rester à la maison avec ton gamin parait-il « fiévreux », comment va faire Petit Chou qui a révisé sa dictée de mots pour aujourd’hui?

Parce qu’on le sait bien, les remplaçants ne sont qu’une légende urbaine, la faute à tous ces tires-au-flanc qui se mettent en dépression dès le 12 septembre et qui mobilisent cette maigre classe d’instits qui devaient vous sortir le cul des ronces lorsque vous n’arrivez pas à le sortir du plumard.

Tu le vois bien, l’éducation nationale peine déjà à tourner à peu près rond, alors bon, si toi en plus de tes 100 grèves par an tu commences à t’absenter à chaque fois que ton gamin chie mou, comment mon Prince va-t-il pouvoir apprendre quoi que ce soit cette année?

Le pire serait encore que tu débarques un beau matin avec le bidon fièrement tendu en avant. Je te le dis tout de suite : nous claquer un congé maternité cette année dépasserait l’entendement. Toi qui te plains toujours que les classes sont surchargées, ne viens pas empirer le problème en nous pondant un niard de plus.

Cependant, comme je ne voudrais pas passer pour un patron tyrannique, je dois bien avouer qu’en dépit de tous les problèmes sus-mentionnés, je te trouve quand même une qualité. Même si tu as des enfants et un utérus potentiellement capable de procréer, au moins tu es une femme. Manquerait plus qu’ils nous collent un homme! Avec toutes ces histoires de pédophilie dans l’éducation, c’est bientôt pire que chez les curés.

Chère maîtresse, j’espère que tu sauras appliquer ces consignes pour mener à bien les missions qui t’ont été confiées cette année.

Hostilement,

La mère d’élève.

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Le très bon Jack Koch

Cette lettre fut inspirée de propos réellement tenus dans les commentaires d’un même statut facebook lu ce jour même, alors que je me suis traînée au boulot avec fièvre et gorge en feu.

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Voilà, c’est fini.

Les sandales râpées sur les sentiers des vacances ont été portées pour la dernière fois, et le petit haut qui dévoile le nombril ne se trouve plus tout en haut de la pile. Les maillots de bain ont fait un tout dernier tour de tambour, les serviettes de plage sèchent au soleil pour la dernière fois.

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Il est 20 heures, l’histoire a déjà été lue et les enfants sont couchés. Les vêtements du grand jour ont été choisis avec soin, et pour la première fois depuis deux mois, il y a un petit point rouge au coin du réveil. On se fait un dernier gros bisous en expliquant le programme de la journée de demain, puis on se souhaite une bonne nuit, même si l’on n’a pas encore vraiment très sommeil.

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Après 2 mois à 4, chacun retrouvera demain sa propre routine d’entrée en classe, de cantine, de récrés et de sonneries. C’est toujours dur, au début. On se cherche, on se manque. Puis on s’y fait. Doucement, la page se tourne, la routine s’installe à nouveau.

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Mais ce premier jour de classe gardera une saveur spéciale. Parce qu’il y a encore quelques grains de sable au fond de nos poches et les couleurs de l’été sur nos joues  Parce que les rayons du soleil brillent encore dans les cheveux de la grande et que les aventures des vacances marquent encore les genoux du petit.

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Demain, ils retrouveront leur petit quotidien d’écolier, et moi celui d’enseignante. Il y aura encore les bisous empressés du matin et les câlins fatigués du soir, mais plus tous ceux du milieu. Ce soir, c’est le coeur lourd que je tourne la page sur notre bel été et sur nos journées paisibles, sans horaires, sans fatigue, sans impatience. Parce que je suis triste de devoir quitter mes enfants, mais que j’ai quand même un peu hâte de découvrir les vôtres.

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Toutes les photos de notre été sont à retrouver sur mon instagram!

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Collectors.

Le lardon aura 4 ans en décembre, et le temps où il parlait le franco-lardonnais est bientôt révolu. Quelques expressions persistent toutefois, et certaines sorties de Niminus sont également restées cultes et sont même passées dans le vocabulaire courant de notre famille.

Alors comme je ne veux pas les oublier et que je sais que je ne suis certainement pas la seule à trouver ces petits crochets adorables, voici sans plus attendre les petits mots de mes petits quand ils n’étaient vraiment pas grands.

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La moumière : N.F. Dispositif permettant d’éclairer les pièces de la maison.  Ex : Allume la moumière du couloir parce que sinon j’ai peur.

Les nunettes : N.F. Pluriel. Se dit d’un appareil de correction oculaire. Ex : Je me suis encore assis sur les nunettes de maman

Na nune : N.F satellite naturel de la terre. Ex : Na nune elle fait de la moumière.

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Dissi Dusucre : N.M Dessert lacté entouré d’une bande de papier fortement apprécié des enfants.

Un Piticagot : Petit animal fort lent que mes enfants adorent ramasser mais qui parfois fait « scrounch » sous les roues de la voiture. Ex : Oh non maman t’as écrasé le piticagot!

Les manards (Niminus) – pinards (Lardon) : N.M Partie du corps parfois odorantes situées à l’extrémité des jambes. Ex : Tu me chatouilles pas mes petits pinards!

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La coucouchotte : N.F Fromage quasi-liquide typique de Franche Comté. Ex :  Pour le petit déjeuner, je voudrais une tartine de coucouchotte.

Un canin : N.M Marque d’affection consistant à étreindre autrui dans ses bras. « Tu peux venir me faire encore un canin dans mon lit? »

Un poussin : N.M Sorte de petit oreiller décoratif. Ex : Le bébé dort sur le poussin d’allaitement.

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Les gifs du légendaire Joey Tribbiani proviennent de ce site.

Et si vous en voulez encore, je vous invite à relire cet article de l’an dernier, quand mon lardon de tout juste 2 ans utilisait des mots comme « cul », « bite » et « pute » tout à fait hors contexte.

 

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Le secret des photos réussies

La semaine dernière, un ami de l’Homme est venu nous rendre visite. Comme il habite désormais à plusieurs centaines de kilomètres (les joies des mutations des fonctionnaires), nous ne l’avions plus revu depuis au moins 4 ans.

Lorsque je l’ai vu arriver avec une besace digne d’un sac à langer de primipare, je me suis demandé ce qu’il pouvait bien avoir à trimballer là dedans. N’est-ce pas là la grande joie des célibataires que de voyager léger? J’eus bien vite ma réponse :

  • (lui) Tiens, Cindy, tu fais toujours de la photo?
  • (moi, confuse) Euh… Je fais toujours DES photos, oui. Principalement des gosses. J’ai toujours le même réflex qu’il y a 4 ans.
  • (lui, enthousiaste) Justement, je t’ai apporté mes nouveaux objectifs pour que tu puisses essayer!

Comme je rêve d’en commander un nouveau depuis un moment pour Noël mais qu’à chaque fois j’opte finalement pour une bonne vieille carte cadeau Séphora, je profite de la sieste du lardon pour chopper un objectif, mon Niminus, et partir faire des essais dans le jardin. Le Niminus est fan des séances photo, elle adore prendre des poses de dinde (on se demande de qui elle tient) surtout lorsqu’elle a une belle robe qui tourne et même si elle n’a plus de dents.

Ayant pris un peu d’assurance, j’ose ensuite monter fébrilement un objectif à près de mille boules sur mon petit boitier. Je m’apprête à shooter (figurativement) le Niminus avec ce matos de paparazzi lorsque je me retourne et aperçois ce lardon gaupé comme l’as de pique sur le pas de la porte.

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Et c’est à ce moment là que je me suis dit que je n’avais vraiment pas besoin de claquer un salaire pour immortaliser des moments comme celui-ci.

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Jamais deux sans trois.

Il y a des signes qui ne trompent pas. J’ai essayé de ne pas y penser, je me suis dit qu’il ne fallait pas se monter la tête. Je ne voulais pas y croire, mais il fallait que je me rende à l’évidence. C’est la troisième fois, après tout, et j’en avais bien reconnu les symptômes typiques des débuts. Ces petits maux, cette grande fatigue.

Ce matin, j’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et d’aller chez le médecin pour en avoir la confirmation, et pour entamer les démarches nécessaires.

Après une longue heure à patienter dans la salle d’attente avec pour seule distraction de mauvais magazines féminins, ce fut enfin mon tour. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais j’adore mon médecin. Elle est chaleureuse et drôle. Elle sait mettre les gens à l’aise. Alors je lui ai parlé de mes craintes sans retenue, et elle a su m’écouter. Elle m’a examinée, m’a notamment trouvé une tension très basse (rien d’étonnant, dans mon état). Puis elle m’a proposé de faire un test bandelette pour vraiment en avoir la certitude.

Nous avons attendu toutes les deux que le test réagisse au prélèvement. Et il n’a pas fallu très longtemps pour voir les deux lignes roses apparaitre.

« Ah oui, il y a bien les deux lignes », m’a-t-elle dit sur un ton désolé et compatissant.

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Niminus d’amour

Même si au fond de moi je le savais, en avoir la confirmation m’a fichu un coup. Je sais qu’on ne choisit jamais quand ça nous arrive, mais là, ce n’est vraiment pas le bon moment.

J’ai annoncé la nouvelle à l’Homme en rentrant, il m’a prise dans ses bras pour me consoler. Comme toujours dans les coups durs, il s’est montré fort et rassurant. Il m’a dit que ça allait aller, et je sais bien qu’il a raison. Mais quand même, avoir une angine blanche et se taper 6 jours d’antibios la veille d’un weekend entre copines, c’est quand même pas cool.

 

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Les nuits paisibles d’un lardon en vacances

Le lardon est téméraire. Le lardon est aventurier. Le lardon est brave. Il a l’étoffe du héros : pour lui, rien n’est impossible. Sauf poser son cul dans son lit, fermer les yeux et dormir. Son oreiller est sa kryptonite.

Peu importe le niveau de fatigue ou le nombre de kilomètres parcourus dans la journée, mon fils est incapable de rester dans son lit quand on l’y couche. Et ce n’est pas différent en vacances. Bien au contraire.

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L’instant de grâce

Comme nous devions traverser la France pour rejoindre la Bretagne, nous avons fait escale dans un charmant petit BnB au centre du pays. Nous y avions une chambre à 4, et laisse moi te dire que pour la première nuit des vacances, le lardon a grave kiffé la chambre à 4. Moi, moins. D’une part parce que c’est relou de devoir éteindre les lumières à 21h pour que les rejetons s’endorment. Et d’autre part, parce que mon lardon a mené un tintamarre incroyable en empêchant tout le monde ou presque de dormir jusqu’à 23h. Ca valait bien le coup de passer 2 heures dans le noir comme des cons. L’Homme s’est pourtant endormi assez vite – il ne vaut pas bien de la monnaie le soir venu. Le Niminus a suivi une fois le calme à peu près respecté par son frère. Mais moi, je savais que ce petit salopard ne dormait pas, alors je ne pouvais pas fermer l’oeil. Et Bon Dieu que j’ai bien fait, puisque je l’ai surpris en train de se relever discrétos et… de se barrer de la chambre d’hôte!

Des débuts en fanfare, donc.

Nous sommes ensuite arrivés en mobil home, où, comme l’an dernier, nous avions opté pour la technique endormissement du Niminus dans notre lit pour que son frère la laisse tranquille. Il faut dire que ma fille est la recordwoman de l’endormissement. Le temps de faire chauffer de l’eau pour mon pisse-mémé nocturne et elle fait déjà l’étoile de mer en ronflant sur la couette. Son frère par contre était en train de faire trembler les murs à l’autre bout de l’habitation (donc concrètement 5 mètres plus loin). Le premier soir, j’ai cru le passer par la fenêtre en découvrant que comme rituel d’endormissement, il avait trouvé bon de déplier absolument tous les vêtements posés sur les étagères et d’en recouvrir les deux lits. J’ai encore moins rigolé le deuxième soir : pris d’une petite chiasse nocturne, il n’a pas eu le temps de rejoindre la cuvette avant de détendre ses sphincters et nous a semé de la fiente molle partout. C’est à ce moment là que nous avons découvert que le chauffe-eau était en panne, évidemment. Mais se faire laver la raie à l’eau froide l’a étonnement fait rire. Il faut croire qu’avec lui, toutes les excuses sont vraiment bonnes pour sortir du lit.

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Randonnons en rang d’oignons

Le troisième soir n’était pas de tout repos non plus : ayant beaucoup marché sur l’île aux Moines, le pauvre chouchou s’est réveillé deux fois avec des douleurs au pied, peut-être des crampes. Je sais à quel point cela peut être douloureux, donc je me suis extirpée du lit prestement (ce qui pour moi relève de l’exploit) pour aller le réconforter et lui faire un massage. Seulement, à moitié dans le gaz et certainement pris par la douleur, il ne m’a pas reconnue et m’a regardée comme si j’étais la sorcière de la Belle au Bois Dormant (qu’il a en horreur). Il s’est mis à hurler comme un écorché et à me donner des grands coups de doudou dans la tronche, refusant que je l’approche. Il a fallu que j’allume la lumière (dans la tronche de sa soeur qui, malgré les cris et la lumière, ne s’est pas réveillée) pour qu’il s’aperçoive que cette créature grimaçante à la chevelure démoniaque et aux petits yeux froissés était bel et bien sa mère et qu’il me laisse l’approcher. Je lui ai donné les deux fois des granules d’Arnica, et je lui en ai aussi donné au coucher les soirs suivants en prévention. Petite astuce, si jamais.

Vous vous doutez bien qu’à force d’être le dernier couché et le premier levé (j’ai la grande chance d’avoir un lardon qui est à la fois du soir et du matin), il y avait des moments dans la journée où il était un peu cuit, notamment lorsque ces journées comprenaient de longs temps de marche. Aussi, dès que nous reprenions la voiture, il entrait dans un état semi-comateux au bout de quelques mètres : tête révulsée, bouche grande ouverte et yeux encore un peu ouverts, je vous avoue l’avoir un peu secoué une fois ou deux pour m’assurer qu’il était bien encore en vie. Il s’est également endormi parfaitement assis dans le petit train sillonnant Quiberon, pour le plus grand régal de sa soeur qui, elle, sait tirer parti de la présence d’un lit pour se reposer.

Je vous avoue également avoir une fois profité de ses endormissement impromptus pour lui mettre un slip Planes sur la tête et le prendre en photo. Il faut bien que je me venge un petit peu pour ses excentricités nocturnes, non?

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Je vous invite à lire ou à relire l’article de nos vacances de l’an dernier, où la gastro avait touché un autre membre de la famille :

La vraie histoire des enfants en mobil home

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Papa fait la dinde (cuite à la vapeur)

Nous avions reçu un super cadeau à Noël : un bon pour un soin relaxant duo au hammam du coin, garde des lardons incluse. Cela aurait peut-être été plus judicieux d’y aller en plein hiver, lorsqu’il fait bien froid dehors. Mais ne nous fourvoyons pas : nous sommes en juillet, oui, mais nous sommes aussi francs comtois. Et laissez moi vous dire qu’en ce 22 juillet, les températures étaient loin d’être caniculaires, ou même estivales.

L’Homme était ravi à l’idée de ce moment à deux. Ravi de passer un moment avec moi, ou ravi de passer un moment sans les lardons, ça, je ne sais pas. Mais il était jovial, je l’ai vu tout de suite quand je suis sortie de la cabine après avoir enfilé mon maillot et que je l’ai choppé en train de prendre des poses de judoka dans son petit peignoir nid-d’abeilles.

Nous avons commencé par le jacuzzi. Il m’a avoué se croire dans L’Amour Est Dans le Pré, où de nombreux candidats invitent en effet leurs prétendantes à mijoter dans ces eaux bouillonnantes que j’espère toujours bien traitées. Pour tout vous dire, j’ai toujours un peu peur de ramener une mycose en cadeau souvenir, avec ces trucs là. Mais l’Homme était tout content de barboter dans les bulles en regardant son caleçon de bain se remplir d’air. Il ne lui en faut pas plus.

Après la pose du fameux savon noir qui te fait glisser comme un vilain petit poisson tout visqueux, nous sommes  passés au hammam, et c’est là que l’affaire s’est un peu corsée. Alors que je suis un éternel cul-gelé (ma devise, c’est jamais-sans-ma-polaire), lui supporte assez mal la chaleur. J’en fais l’expérience tous les étés en le regardant, impuissante, se tourner et se retourner dans le plumard comme une baleine échouée qui suffoquerait sur un sable brûlant.

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The Chan-Chan-man

Pendant qu’il cherchait la première d’une longue liste de positions improbables, je suis allée m’allonger sur un banc pour profiter de ces chaudes vapeurs d’eucalyptus, en essayant de ne pas penser au fait que les occupants précédents avaient certainement posé leurs raies suantes là où je posais à présent ma délicate chevelure. C’est le problème, avec les hammams. Je me demande toujours si l’eau qui ruisselle sur les murs est de la condensation… ou la sueur de mes voisins.

Au bout d’environ trente secondes, l’Homme a changé de position en soufflant.

Au bout de deux minutes, il a déclaré pour la première fois qu’il allait crever.

Au bout de cinq, n’y tenant plus, il est sorti, puis est revenu. Puis il est sorti. Et revenu.

Au bout de dix, à force de gesticuler, il s’est mis du savon noir dans l’oeil.

Bref, un sympathique moment de relaxation.

Heureusement, on est venu nous chercher pour le gommage et le massage que j’attendais tant. Je vous avoue que lorsque je me suis allongée sur la table en marbre et que j’ai entendu l’Homme questionner l’esthéticienne sur la structure interne de la table permettant de la maintenir à une température convenable, j’ai un peu serré les dents, me demandant s’il allait parler plomberie tout du long. Mais Dieu merci il se l’est vite coincée et nous avons pu passer un moment fort agréable à se faire enduire le corps d’huile parfumée. Il m’avouera plus tard s’être assoupi à ce moment là, d’où peut-être la raison bénite de son silence.

Nous avons terminé notre séance par un petit thé à la menthe, et je ne suis pas peu fière de vous annoncer que je suis ensuite sortie de l’institut au bras soyeux et huilé d’un homme sentant bon la fleur orientale.

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Des coccinelles aux pieds

J’ai vu passer ce petit nail art au hasard de mes pérégrinations sur les réseaux sociaux et j’ai trouvé ça adorable – et à ma portée. Il fallait que j’essaie!

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Alors cet après-midi j’ai choppé mon Niminus, je l’ai assise sur l’îlot de la cuisine, posant ses pieds sur le tabouret et mon derrière sur une chaise traditionnelle : notre salon de pédicure de fortune était né!

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J’ai passé une couche de vernis rouge (à paillettes, parce qu’on ne se refuse rien) et avec du vernis noir et blanc et les minuscules pinceaux que l’Homme utilise pour peindre ses figurines, j’ai dessiné les détails. Tout n’est pas parfait, évidemment. Mais sur des minis ongles de pieds, ça en jette tout de même énormément!

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Puis ensuite, j’ai fait ma mère paparazzi en lui proposant une petite séance photo dans le jardin, exercice auquel elle se plie presque toujours avec bonne humeur. Voici quelques uns de nos clichés, et une idée mignonne à piquer pour vos petites dindes en herbe!

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La jovialité matinale des derniers jours de juin.

Les matins d’école (et de boulot) ont toujours été passablement lourdingues, avec des petits dej’ à expédier, des lardons à secouer, mille couches de fringues à enfiler, des cils à mascarer et tout le tsoin tsoin. La liste est longue, mais je pense que c’est la même chose chez toi, alors bon, tu sais.

Parfois il y a des mieux. Parfois il y a des bas. Et parfois il y a des très, très bas.

C’est le cas chez moi en ce moment.

La fin de l’année est… dure, chez nous. Il faut dire que des lardons fatigués (et donc survoltés) et des parents fatigués (et donc au radar), ce n’est généralement pas la recette du succès. Et quand on sait qu’alors que je n’arrive pas à m’extirper de sous la couette, eux sont déjà en train de danser le Gangnam Style à la cuisine, forcément, ça démarre mal.

Encouragés par leur père qui, pour mon grand malheur, est lui aussi matinal, ils ont pris le pli de me chanter « ah ah tiens voilà quelqu’un… petit ours brun! » quand ils me voient émerger de ma tanière en biglant, le cheveu totalement hors de contrôle. Je vous le concède : j’arrive à voir la ressemblance.

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Chez l’enfant fatigué, un phénomène très étrange se produit : au lieu de fonctionner lui aussi au ralenti, il va partir dans tous les sens et s’éparpiller en une foultitude de petites conneries fort agaçantes. En gros : il va user d’ingéniosité pour te faire péter les plombs.

Genre râper son biscuit sur le bord de la table pour faire de la neige, insister pour manger son petit dej accroupi sur la chaise, et donc se casser la gueule puis spasmer de douleur et te recrachant des céréales pré-mâchées dans ton bol. Laissez moi vous dire que face à tant d’ébranlements inutiles de grand matin, j’ai bien du mal à compatir.

Et surtout, tout le repas durant, il ne va pas se la coincer une seconde. Et te chanter les mêmes chansons en boucle pendant une heure, des semaines durant. Et si tu as de la super chance, il va également inventer une parodie de la dite chanson à base de pipi caca pue des fesses et compagnie.

Le fait que l’Homme ricane à ces élans poétiques n’aide en rien.

Mais le pire est à venir. Le pire vient au moment où tu laisses le lardon gérer son propre habillage pendant que tu te fardes la paupière.

Il va commencer par venir sauter sur ton lit le zgeg au vent, se faire un string avec son slip Spiderman enfilé par le trou de la cuisse, enfiler son T-shirt de travers façon cagoule et rester coincé dedans, les 2 bars en l’air et l’air parfaitement niais.

Il y a deux mois, il s’habillait parfaitement seul. Aujourd’hui, j’ai l’impression de lui demander d’envoyer un satellite en orbite.

(C’est lui que j’ai bien envie d’envoyer en orbite)

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Voilà, c’est ça.

Et ne parlons pas des godasses. Je suis presque contente de cette pluie incessante qui nous donne au moins la bonne excuse de mettre les bottes de pluie. Ca m’évite de le voir enfiler son pied mou tout désarticulé dans la mauvaise basket en regardant le plafond et en déclarant que de toutes façons, c’est trop dur (satellite en orbite bis).

Et ne croyez pas que j’exagère, parce qu’ils montent crescendo dans la créativité.

Ce matin même, alors que j’enfilais mon collant avec grâce et souplesse, ce petit salopard avait décidé de se servir un verre de jus d’orange. A la salle de bain. Dans son verre à dent. De manière tout à fait branlante.

Autant vous dire qu’essuyer du jus d’orange sous le meuble de ma salle de bain en collant ne faisait pas partie de mon programme du matin. Et autant vous dire qu’y trouver une mèche de cheveux suspecte n’a rien fait pour arranger mon humeur de petit ours brun.

Parce qu’attendez, oui, il y a pire : le Niminus a tout bonnement décidé de se relooker la chevelure en se faisant un petit dégradé maison.

Vivement demain matin, quoi.

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